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Swiss Observer

Les électeurs suisses appelés à se prononcer sur la TVA et le 13e versement des rentes

Le 29 novembre, les électeurs décideront s’il faut augmenter la TVA de 0,4 point de pourcentage pour contribuer au financement du nouveau 13e versement annuel de l’AVS. Cette rente supplémentaire sera versée dès décembre 2026, quel que soit le résultat, mais son financement à long terme reste incertain en cas de rejet du projet.

Les électeurs suisses appelés à se prononcer sur la TVA et le 13e versement des rentes
AILe News

Environ 2,5 millions de bénéficiaires de l’AVS recevront un versement supplémentaire en décembre 2026, quelle que soit la décision des électeurs le 29 novembre. La votation porte sur l’étape suivante: comment la Suisse financera un nouveau versement annuel de rente approuvé par le corps électoral en mars 2024.

Le 13e versement ajoutera environ 4,2 milliards de francs par an aux dépenses de l’assurance-vieillesse et survivants (AVS). Le projet du Parlement prévoit de financer environ 1,4 milliard de francs de ce montant par une hausse de la TVA à partir de 2028. Le taux normal passerait de 8,1% à 8,5%, tandis que le taux applicable à l’hébergement augmenterait de 3,8% à 4%.

Le taux réduit appliqué aux biens de première nécessité, notamment aux denrées alimentaires, aux médicaments et aux livres, resterait à 2,6%. Les primes d’assurance-maladie continueraient d’échapper à la TVA. La ministre des affaires sociales, Elisabeth Baume-Schneider, a présenté cette formule comme un compromis qui limite la charge pesant sur les dépenses essentielles des ménages.

Ce versement fait suite au résultat d’une votation nationale, lors de laquelle 58,2% des électeurs ont soutenu l’augmentation des rentes. La votation sur le financement soumet désormais directement le coût de cette décision au vote, avec des conséquences pour les personnes à la retraite, les travailleurs, les consommateurs et les entreprises.

Suivre les chiffres de l’AVS

La hausse de TVA proposée ferait passer le déficit prévisionnel de l’AVS en 2035 de près de 5 milliards à environ 3 milliards de francs. Selon les estimations du gouvernement, l’impôt améliorerait la situation financière du système, sans toutefois couvrir l’intégralité du coût annuel du 13e versement.

La pression s’explique par la structure des retraites en Suisse. L’AVS fonctionne en grande partie selon le principe de la répartition: les cotisations actuelles contribuent au financement des rentes versées aujourd’hui. Les salariés et les employeurs assurent environ 70% des recettes de l’AVS. La Confédération couvre un peu plus de 20% des dépenses au moyen de fonds généraux et de certains impôts, tandis que la TVA et l’impôt sur les maisons de jeu représentent environ 9% des recettes.

En 2025, le système a enregistré un excédent de 4,4 milliards de francs, en partie grâce à des mesures de financement antérieures. Ce résultat ne résout pas le défi à plus long terme. Le nombre de personnes à la retraite augmente et les rentes sont régulièrement adaptées au coût de la vie. Le coût annuel du 13e versement devrait dépasser 5 milliards de francs dès 2035.

Baume-Schneider a averti que les réserves pourraient passer sous le minimum légal, soit une année de dépenses, en 2027 si aucune nouvelle recette n’est dégagée. En 2035, elles couvriraient environ 50% des dépenses annuelles sans hausse de la TVA, contre 70% si le projet est accepté.

Évaluer le coût pour les ménages

Le projet fiscal préserve le taux réduit de TVA, tandis que les achats ordinaires seraient soumis au taux plus élevé. Pour les consommateurs, le taux normal augmenterait de 0,4 point de pourcentage. Le changement concernerait la plupart des biens et des services, notamment les dépenses des ménages et les frais d’exploitation des entreprises.

Le gouvernement affirme que le maintien du taux réduit à 2,6% protégerait la consommation de produits essentiels comme les denrées alimentaires, les médicaments et les livres. Le taux applicable à l’hébergement augmenterait séparément, de 3,8% à 4%. Selon Baume-Schneider, toutes les recettes supplémentaires seraient affectées à la sécurité sociale.

Les opposants estiment que la hausse affaiblirait malgré tout le pouvoir d’achat et alourdirait les coûts des petites et moyennes entreprises. Le Parti libéral-radical (PLR) a lancé sa campagne contre le projet à la fin septembre. Il défend des réductions des dépenses et des réformes structurelles, notamment une éventuelle hausse de l’âge de la retraite.

L’impôt ne résoudrait pas tous les problèmes de financement. Le projet de TVA du Parlement ne couvre qu’une partie du 13e versement et le gouvernement a inclus d’autres possibilités de financement dans la consultation sur l’AVS 2030. Elles pourraient prendre la forme d’une nouvelle hausse de la TVA, d’une augmentation des cotisations aux assurances sociales, ou d’une combinaison des deux. La votation de novembre définit donc une orientation en matière de financement, sans clore le débat sur les retraites.

Observer la ministre défendre sa position

La votation de novembre met en lumière un revirement politique d’Elisabeth Baume-Schneider. Avant son entrée au Conseil fédéral, la socialiste soutenait la campagne de son parti en faveur d’une 13e rente annuelle de l’AVS. Devenue ministre responsable des retraites, elle s’est ensuite opposée à la mesure en raison de son coût. Elle défend aujourd’hui à la fois le versement et le projet fiscal destiné à en financer une partie.

À Berne, Baume-Schneider a déclaré aux journalistes que le rejet du projet aurait de graves conséquences pour les finances de l’AVS. Elle a qualifié le dispositif du Parlement de modéré et socialement acceptable, en soulignant que le taux réduit de TVA ne changerait pas et que les nouvelles recettes seraient directement affectées à la sécurité sociale.

Ses opposants affirment que les électeurs ont approuvé une prestation sans plan de financement crédible. Les militants du PLR réclament une maîtrise des dépenses et des réformes qui s’attaqueraient à la structure du système, notamment à l’âge de la retraite. Toute modification de l’âge de la retraite devrait être approuvée par le Parlement et les électeurs, ce qui en ferait un processus politique plus long qu’une décision fiscale.

La ministre a soutenu que l’AVS avait immédiatement besoin de nouvelles recettes. Le référendum permettra de vérifier si les électeurs acceptent un impôt général sur la consommation comme première réponse à l’augmentation des dépenses du système de retraite.

Se préparer au prochain débat sur les retraites

Un rejet maintiendrait le 13e versement, mais renverrait le Parlement à la table des négociations sur son financement. Les personnes à la retraite recevraient toujours le premier versement supplémentaire en décembre 2026, avec une augmentation annuelle maximale de 2520 francs pour une personne seule et de 3780 francs pour un couple marié, selon SWI swissinfo.ch.

La prestation immédiate serait donc maintenue malgré le résultat de la votation. La question non résolue serait de savoir comment couvrir son coût croissant à mesure que la population à la retraite augmente et que les versements annuels progressent. Sans les recettes de TVA proposées, le Conseil fédéral s’attend à une dégradation plus rapide des réserves de l’AVS et à un creusement du déficit d’ici à 2035.

Une acceptation apporterait une source de recettes régulières, mais laisserait un déficit prévisionnel d’environ 3 milliards de francs en 2035. D’autres mesures resteraient nécessaires dans le cadre de la réforme AVS 2030. Un rejet obligerait le gouvernement et le Parlement à trouver une solution de remplacement sous une pression financière accrue.

Les électeurs suisses devront choisir entre une contribution fiscale définie et un processus de financement encore ouvert. Le résultat façonnera la prochaine étape du débat sur les retraites, notamment les discussions sur les impôts à la consommation, les cotisations salariales, les dépenses fédérales et l’âge de la retraite.