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Swiss Observer

Le zoo de Bâle accueille un bébé gorille après une année difficile pour le groupe

Un nouveau gorille mâle de plaine est né au zoo de Bâle, plusieurs mois après la mort de deux gorilles du même groupe à la suite d’attaques du mâle dominant. Le zoo indique qu’il surveille de près la dynamique du groupe.

Le zoo de Bâle accueille un bébé gorille après une année difficile pour le groupe
AISWI swissinfo.ch

La naissance d’un gorille mâle, le 24 septembre, attire à nouveau l’attention sur le groupe très surveillé du zoo de Bâle. Makala, une femelle de 11 ans, a donné naissance à son premier petit le jour de la Journée mondiale des gorilles. Le bébé, prénommé Xola, est porté contre le corps de sa mère et tète régulièrement, a annoncé le zoo lundi.

Cette naissance survient après un été difficile pour les gorilles des plaines de l’Ouest de l’établissement bâlois. En juillet, Yeba, le mâle dominant du groupe âgé de 14 ans, a mortellement blessé un nouveau-né lors d’une altercation avec la mère du petit, Joas, âgée de 37 ans. Peu avant cet incident, le zoo avait euthanasié Mobali, un mâle de 11 ans, après que Yeba l’eut mordu dans la région génitale.

Ces décès ont conduit le zoo de Bâle à surveiller le groupe de plus près et à consulter des spécialistes externes. Le personnel a redoublé de vigilance à l’approche de la mise bas attendue de Makala. Cette nouvelle naissance dépasse donc le cadre d’une annonce habituelle du zoo : les soigneurs observent la réaction du groupe après deux conflits mortels impliquant son mâle dominant.

Pour l’instant, Makala limite les contacts entre Xola et le reste du groupe. Elle se retire dans un endroit plus tranquille lorsque les autres gorilles s’approchent de trop près.

Les soigneurs surveillent le groupe

Deux gorilles sont morts en juillet, et chaque interaction autour du nouveau-né est désormais scrutée. Yeba reste le mâle dominant du groupe et le père du nouveau-né mort précédemment ainsi que de Xola. Le zoo n’a signalé aucun nouvel épisode d’agressivité depuis la dernière naissance, mais continue d’observer de près le comportement du groupe.

Les décès précédents ont mis en évidence les risques liés à la vie sociale au sein d’un groupe de gorilles. Le premier est survenu après une altercation entre Yeba et Joas, qui avait mis bas quelques jours auparavant. Au cours de cette dispute, le mâle a mordu le petit et l’a mortellement blessé. Selon le récit du zoo, Mobali est mort peu avant, après avoir été blessé par Yeba, ce qui a rendu l’euthanasie inévitable.

Le zoo de Bâle indique avoir consulté des spécialistes après ces incidents et surveiller la dynamique du groupe. La naissance de Xola renforce la nécessité d’une gestion attentive, en particulier tant que Makala garde son petit près d’elle et que les autres gorilles testent les limites des contacts.

Le zoo rapporte que les interactions sociales actuelles se déroulent sans problème. Qaziba, âgée de sept ans, manifeste un intérêt particulier : elle s’approche prudemment et touche doucement le bébé. Les soigneurs considèrent ce comportement comme une expérience sociale utile pour une jeune femelle susceptible d’élever des petits à l’avenir.

Laisser la mère donner le rythme

Xola dépendra de Makala pendant plusieurs années, l’allaitement durant généralement trois à quatre ans. Sa mère le porte tout contre elle et se retire avec lui dans les parties plus tranquilles de l’enclos lorsque le groupe se montre trop curieux. Ce contact physique précoce est essentiel à la protection et aux soins du petit.

Le zoo indique que Makala est attentive et allaite régulièrement. En parallèle, les soigneurs laissent se développer des contacts sociaux soigneusement encadrés. Les approches prudentes et les caresses délicates de Qaziba donnent un aperçu de la manière dont les jeunes femelles acquièrent les compétences sociales nécessaires pour élever des petits. Ce type de comportement peut aider le groupe à intégrer un nouveau membre tout en maintenant une certaine distance autour de la mère et de son bébé.

Cette naissance intervient également dans le contexte d’un débat plus large en Suisse sur la reproduction des gorilles en captivité. Des organisations de protection de la nature, dont la Fondation Franz Weber, demandent au zoo de Bâle de mettre fin à la reproduction des gorilles. Le débat porte sur le bien-être animal, la gestion des groupes sociaux en captivité et le rôle des zoos dans la protection des espèces menacées.

La priorité immédiate du zoo de Bâle est plus limitée et concrète : évaluer le groupe jour après jour, repérer les signes avant-coureurs et laisser Makala décider du rythme auquel les autres peuvent approcher Xola. Le développement du petit dépendra de cet équilibre entre contacts et protection.

Suivre les enjeux de la conservation

Les gorilles des plaines de l’Ouest restent en danger critique d’extinction et leur population sauvage continue de diminuer. La Liste rouge de l’UICN considère la chasse et la destruction de l’habitat naturel comme des menaces majeures pour l’espèce. Pour le zoo de Bâle, l’arrivée de Xola s’inscrit donc dans un débat sur la conservation qui dépasse largement les limites de l’enclos, à Riehen.

Les naissances en captivité peuvent contribuer à des programmes d’élevage coordonnés et rapprocher le public d’une espèce menacée. Elles exigent aussi des zoos qu’ils gèrent des relations sociales complexes, en particulier lorsqu’un mâle dominant a déjà infligé des blessures mortelles au sein du groupe. La décision du zoo de Bâle d’accroître sa vigilance et de solliciter l’avis de spécialistes reflète la tension entre les objectifs d’élevage à long terme et le bien-être immédiat des animaux.

Les prochains mois montreront si le calme actuel se maintient à mesure que Xola devient plus actif et commence à interagir avec les autres membres du groupe. La protection de Makala restera centrale, tandis que Qaziba et le reste du groupe s’habitueront progressivement à la présence du petit.

Pour les visiteurs de Bâle, le nouveau-né offre une occasion rare d’observer les premiers stades du développement d’un gorille. Pour le zoo, il ouvre une période exigeante de surveillance, de présentations soigneusement organisées et de décisions continues concernant la composition et la sécurité du groupe.