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Swiss Observer

La marche contre l’avortement à Zurich perturbée par des contre-manifestants

Plus de 1 000 personnes ont participé à la Marche pour la vie à Zurich, tandis que des contre-manifestants masqués ont perturbé cette manifestation contre l’avortement et entraîné un important déploiement policier.

La marche contre l’avortement à Zurich perturbée par des contre-manifestants
AISWI swissinfo.ch

Plus de 1 000 personnes se sont rassemblées samedi à Zurich-Oerlikon pour la Marche pour la vie, une manifestation contre l’avortement qui a mobilisé un important dispositif policier et suscité une contre-manifestation organisée. Les participants se sont réunis sur la place du marché, derrière des barrières, sous le slogan « Ensemble pour la vie ! ». Nicolas Kolly, parlementaire de l’Union démocratique du centre (UDC), s’est adressé à la foule.

L’événement autorisé s’est déroulé sous étroite surveillance, car des groupes d’extrême gauche avaient annoncé des contre-manifestations, selon l’agence de presse Keystone-ATS. La police a déployé deux canons à eau et contrôlé plusieurs personnes près du lieu de la manifestation.

La marche est devenue un rendez-vous récurrent du calendrier politique et religieux zurichois. Des groupes chrétiens conservateurs organisent l’événement d’Oerlikon depuis 2021, tandis que la Marche pour la vie, dans son ensemble, a lieu depuis 2010. Sa présence continue de susciter l’opposition de militants qui rejettent la position des organisateurs sur l’avortement et leurs campagnes publiques.

Les affrontements de samedi ont fait descendre ce différend dans la rue. Les perturbations ont touché le début du cortège et nécessité l’intervention de la police avant que les manifestants puissent poursuivre leur itinéraire prévu.

Des cyclistes masqués bloquent le parcours

Environ 200 contre-manifestants masqués sont arrivés à vélo et ont perturbé le départ du cortège. Ils ont bloqué la route, renversé des poubelles sur la chaussée et fait éclater des pétards, selon Keystone-ATS.

La police a ordonné à plusieurs reprises au groupe de partir. Les agents ont ensuite utilisé les canons à eau pour dégager le passage. Les contre-manifestants sont réapparus par la suite à plusieurs endroits le long du cortège, obligeant la police à maintenir une présence importante tandis que la marche traversait le quartier.

L’incident illustre les difficultés concrètes que pose l’encadrement de manifestations rivales dans une ville suisse densément peuplée. Les autorités ont dû protéger un cortège autorisé tout en intervenant contre une action non autorisée qui entravait la circulation et créait des dangers sur le parcours. Le compte rendu de l’agence ne mentionnait aucune arrestation, aucun blessé ni aucun dégât matériel autre que les poubelles renversées.

Le recours aux masques et aux vélos a donné aux contre-manifestants une grande mobilité, leur permettant de quitter un endroit puis de réapparaître ailleurs. Les contrôles de police effectués près du lieu de la manifestation s’inscrivaient dans le cadre des mesures visant à prévenir de nouvelles perturbations et à permettre à l’événement prévu de se poursuivre.

Les organisateurs contestent l’interdiction dans le centre-ville

Six années consécutives d’exclusion du centre-ville de Zurich ont exacerbé le différend entre les organisateurs de la Marche pour la vie et les autorités municipales. Les organisateurs estiment que cette restriction limite de manière disproportionnée la liberté de réunion et d’expression. Ils contestent cette décision devant les tribunaux.

La ville a autorisé le rassemblement à Oerlikon plutôt que dans le centre de Zurich. Ce choix reflète l’approche des autorités face à un événement qui attire régulièrement des opposants et nécessite une importante planification en matière de sécurité. Samedi, la place du marché était délimitée par des barrières, tandis que la police se préparait aux contre-manifestations annoncées.

Les soutiens de la marche présentent l’événement comme une expression publique de l’opposition chrétienne conservatrice à l’avortement. Ses opposants ont organisé à plusieurs reprises des contre-manifestations non autorisées à Oerlikon, notamment lors de précédentes éditions. Ce conflit récurrent a fait du choix du lieu un élément central du différend.

En Suisse, les règles relatives aux rassemblements publics chargent les autorités de concilier expression politique, sécurité publique et accès aux rues et aux espaces publics. Le recours en justice déterminera si le maintien de cette restriction par Zurich répond à ces exigences.

Zurich se prépare à un nouvel épisode

Depuis 2010, la Marche pour la vie offre régulièrement une tribune aux groupes opposés à l’avortement en Suisse, tandis que les contre-manifestations répétées maintiennent l’événement au cœur du débat local. Les affrontements de samedi montrent à quelle vitesse un rassemblement autorisé peut mobiliser un important dispositif policier lorsque des groupes rivaux occupent les mêmes rues.

La manifestation s’inscrit également dans le débat plus large qui se déroule en Suisse sur la politique en matière d’avortement et l’opinion publique. Le Parlement a approuvé une modification qui obligera les assureurs-maladie suisses à prendre en charge l’intégralité des coûts des avortements dès 2027, un changement de politique examiné dans un article distinct de Swissinfo. Les organisateurs de la Marche pour la vie continuent de s’opposer à l’avortement et de rendre leur position visible, bien qu’ils soient tenus à l’écart du centre-ville.

Pour Zurich, la question immédiate est de savoir comment gérer les prochaines manifestations. La police doit tenir compte de la marche habituelle, des manifestations d’opposition annoncées et du risque que des groupes mobiles perturbent le parcours. Le recours en justice des organisateurs pourrait également influer sur les lieux où se dérouleront des événements similaires ces prochaines années.

Aucune autre évolution de ce recours n’a été rapportée dans les informations disponibles. Pour l’heure, Oerlikon reste le théâtre d’un affrontement récurrent autour de l’avortement, du militantisme religieux et des limites de la contestation publique.