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Les records de chaleur de septembre relancent le débat sur la climatisation en Suisse
Des températures record proches de 30 °C à la fin septembre relancent le débat sur la manière dont la Suisse devrait protéger la population face à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes.

Les températures ont atteint 30,1 °C à Bâle-Binningen lors du dernier week-end de septembre, établissant un record tardif au nord des Alpes et remettant la protection contre la chaleur au centre de l’actualité politique. Dimanche, le thermomètre est monté à 29,6 °C à Delémont, tandis que MétéoSuisse a relevé jusqu’à 30 °C dans d’autres endroits. Les prévisions annonçaient encore plusieurs jours avec des températures comprises entre 25 °C et 29 °C.
Meteonews a indiqué qu’aucune journée de grande chaleur n’avait été enregistrée aussi tard dans l’année au nord des Alpes. Cette mesure fait suite à un été durant lequel Bâle-Binningen a atteint 39,7 °C le 30 juillet, égalant le record du nord des Alpes établi à Genève-Cointrin en juillet 2015.
Le calendrier est important pour la santé publique. Les hôpitaux, les EMS et les écoles sont exposés à des risques lorsque les températures intérieures restent élevées, en particulier pour les personnes âgées, les patients atteints de maladies préexistantes et les personnes qui régulent difficilement leur température corporelle. Selon un article connexe de Swissinfo.ch, l’été 2026 a été le plus chaud et le plus sec en Suisse depuis le début des mesures nationales en 1864. Cette tendance oblige les responsables de la planification à examiner comment garantir la sécurité des bâtiments alors que la chaleur arrive plus tôt, dure plus longtemps et se prolonge davantage en automne.
Protéger d’abord les hôpitaux et les EMS
La chaleur fait déjà plus de victimes en Suisse que les accidents de la circulation routière, selon Arno Schlüter, professeur à l’EPFZ. Son avertissement donne au débat sur la climatisation une dimension de santé publique qui dépasse la simple question du confort domestique.
Lors des vagues de chaleur, les hôpitaux et les EMS doivent maintenir les patients et les résidents à des températures sûres, tout en continuant à faire fonctionner les équipements médicaux et les services essentiels. Les personnes âgées et celles qui souffrent de maladies chroniques peuvent être particulièrement vulnérables. Les écoles ont également besoin de salles où les enfants et le personnel peuvent travailler en toute sécurité lorsque les nuits ne rafraîchissent plus les bâtiments.
Arno Schlüter s’attend à ce que la climatisation prenne davantage d’importance pour les groupes vulnérables dans les hôpitaux, les EMS et les écoles. Il rejette également l’idée que chaque appartement et chaque bureau en Suisse devraient simplement être équipés d’un système de refroidissement. Une telle approche augmenterait la demande d’électricité et pourrait rejeter la chaleur à l’extérieur, selon la technologie employée et la source d’énergie utilisée.
La tâche des prestataires de soins va donc au-delà de l’achat de davantage d’appareils. Les responsables des bâtiments ont besoin de plans canicule, d’espaces extérieurs ombragés, d’une ventilation efficace, d’un accès à l’eau potable et de procédures permettant d’identifier les personnes à risque. Le refroidissement mécanique peut être indispensable dans certains services et certaines salles. Dans d’autres, des mesures passives pourraient en réduire le besoin. Le débat ne porte plus sur le confort saisonnier, mais sur la sécurité clinique.
Comprendre les règles à l’origine du déficit de refroidissement en Suisse
La climatisation reste peu répandue dans les logements, les hôpitaux et les EMS en Suisse, car son installation est strictement réglementée. Dans de nombreux cantons, un système split, doté d’une unité intérieure et d’une unité extérieure, doit satisfaire aux exigences en matière d’énergie, d’environnement et d’aménagement du territoire. Des autorisations peuvent être nécessaires et les unités extérieures peuvent faire l’objet d’un examen en raison du bruit, de leur apparence, de leur consommation énergétique et de leur impact sur le bâtiment ou le quartier.
Ces règles reflètent l’approche de longue date de la Suisse en matière d’efficacité énergétique et sa préférence pour la limitation du refroidissement superflu. De nombreux bâtiments ont été conçus en fonction des besoins de chauffage hivernaux plutôt que de périodes prolongées de chaleur estivale. Les réponses traditionnelles comprennent les volets, les stores, la ventilation traversante, les murs épais et le rafraîchissement nocturne. Elles peuvent être efficaces lorsque les nuits sont plus fraîches, mais leur efficacité diminue pendant les vagues de chaleur persistantes.
Le système réglementaire doit désormais tenir compte d’un calcul climatique plus difficile. Un système de refroidissement peut consommer de l’électricité et accroître la pression sur le réseau lorsque de nombreux bâtiments en ont besoin simultanément. Pourtant, refuser le refroidissement d’une chambre d’hôpital ou d’un établissement médico-social peut avoir des conséquences directes sur la santé.
Les spécialistes suisses de l’aménagement évaluent donc l’orientation des bâtiments, l’ombrage extérieur, l’isolation, la ventilation et le refroidissement à distance, en plus de la climatisation. Le choix dépendra du bâtiment, du canton et de ses occupants. Une salle de serveurs, une unité de soins intensifs et un appartement familial n’ont pas les mêmes besoins en refroidissement.
Le Parlement examine un assouplissement des règles sur le refroidissement
Le Parlement débattra de la question le 30 septembre 2026, après que la chaleur a fait de la climatisation un sujet de controverse politique. La session fédérale abordera la chaleur et la sécheresse ainsi que la question de la réglementation des systèmes de refroidissement en Suisse. Plusieurs interventions parlementaires cantonales et nationales réclament déjà des changements.
Thomas Burgherr, parlementaire de l’Union démocratique du centre, a proposé de supprimer l’obligation d’obtenir une autorisation pour les systèmes de climatisation split au moyen d’une initiative parlementaire. Ses partisans estiment que les règles actuelles ralentissent les réponses à la hausse des températures et entraînent des coûts économiques lorsque les lieux de travail deviennent difficiles à utiliser. Selon les articles de presse cités, des sondages en Suisse et ailleurs en Europe indiquent que la majorité de la population est favorable à un assouplissement des restrictions.
Les opposants à un assouplissement général évoquent la consommation d’énergie, le bruit, les fluides frigorigènes et le risque que des installations largement répandues renforcent la dépendance au refroidissement mécanique. Le défi politique consiste à distinguer la protection indispensable du refroidissement de confort et à définir des normes adaptées à des bâtiments très différents.
Les cantons conservent un rôle majeur, car les règles d’aménagement et de construction sont en grande partie mises en œuvre à l’échelon local. Toute évolution nationale devrait donc s’inscrire dans un système fédéral caractérisé par des climats régionaux, des formes urbaines et des politiques énergétiques différentes. Bâle, Genève, le Jura et les régions alpines ne sont pas exposés à la chaleur de la même manière et ne disposent pas du même parc immobilier.
Réaménager les bâtiments pour une saison chaude plus longue
Les bâtiments suisses doivent désormais s’adapter à un climat marqué à la fois par les besoins de chauffage hivernaux et par les contraintes du refroidissement estival. L’été 2026, record de chaleur et de sécheresse, a mis en évidence les limites d’une culture du bâtiment principalement façonnée par les saisons froides. Les records de fin septembre montrent que la période où le refroidissement est nécessaire peut aussi dépasser les limites de l’été traditionnel.
Les spécialistes de la planification des bâtiments examinent une série de mesures à appliquer par ordre de priorité. Les volets et les stores extérieurs bloquent le rayonnement solaire avant qu’il ne pénètre dans une pièce. Les arbres et les espaces végétalisés peuvent procurer de l’ombre et faire baisser les températures autour des bâtiments. Une meilleure isolation, des fenêtres bien positionnées et la ventilation nocturne peuvent contribuer à conserver un air plus frais. Les systèmes mécaniques restent pertinents lorsque les mesures passives ne suffisent pas à protéger les patients, les résidents, le personnel ou les équipements sensibles.
La planification énergétique déterminera dans quelle mesure la Suisse pourra développer le refroidissement sans créer de nouveaux pics de demande d’électricité. Les ingénieurs doivent évaluer l’efficacité des systèmes, la source d’énergie et la gestion de la chaleur rejetée à l’extérieur. Les solutions à distance peuvent être une option dans les zones urbaines denses, tandis que les bâtiments individuels peuvent nécessiter des aménagements sur mesure.
La chaleur de septembre n’a pas tranché la question de la climatisation. Elle a clarifié le calendrier. Les hôpitaux et les EMS doivent d’abord bénéficier d’une protection fiable, tandis que les spécialistes de la planification et les législateurs déterminent où la réglementation devrait empêcher le gaspillage et où elle devrait lever un obstacle à la sécurité.