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Swiss Observer

Roche annonce des résultats positifs pour un traitement expérimental contre une maladie oculaire

Roche a annoncé des résultats positifs à 52 semaines pour le vamikibart, un traitement expérimental contre la perte de vision liée à l’uvéite. Le médicament a amélioré la vision et réduit le gonflement de la rétine lors de deux essais de phase III, mais n’a pas encore été approuvé.

Roche annonce des résultats positifs pour un traitement expérimental contre une maladie oculaire
AISWI swissinfo.ch

Roche a annoncé des résultats à 52 semaines qui pourraient élargir les possibilités de traitement pour les personnes confrontées à une perte de vision liée à l’uvéite. L’entreprise pharmaceutique bâloise a présenté samedi des données sur le vamikibart lors de la réunion annuelle de l’American Academy of Ophthalmology, à La Nouvelle-Orléans.

Ce médicament expérimental cible l’œdème maculaire associé à l’uvéite. Dans cette affection, l’inflammation entraîne une accumulation de liquide et un gonflement de la macula, la partie centrale de la rétine responsable de la vision détaillée. Un gonflement persistant peut compliquer la lecture, la reconnaissance des visages et les activités quotidiennes.

Roche a indiqué que les patients recevant du vamikibart avaient présenté une amélioration durable de leur vision et une réduction du gonflement de la rétine pendant les 52 semaines de l’étude. Ces résultats proviennent de deux essais de phase III identiques, dernière étape des tests avant qu’une entreprise ne demande une autorisation de mise sur le marché à grande échelle.

L’entreprise a également indiqué qu’une proportion plus importante de patients traités avait vu sa vision s’améliorer que dans les groupes témoins. Environ deux tiers des patients n’ont pas eu besoin d’injections supplémentaires après la phase de traitement initiale. Ce résultat pourrait compter pour les personnes qui gèrent une affection oculaire chronique et pour les cliniques qui réalisent des injections intravitréennes répétées.

Les données ont été communiquées par l’entreprise. Les autorités de réglementation doivent encore examiner l’ensemble des éléments, notamment l’efficacité, la sécurité et le rapport entre les bénéfices et les risques.

Les principaux résultats des essais

Deux essais de phase III constituent la base des résultats annoncés par Roche. Selon l’entreprise, les études étaient identiques dans leur conception, ce qui a permis aux chercheurs de comparer le vamikibart au traitement témoin dans le même cadre clinique.

Roche a indiqué que le traitement avait entraîné un taux d’amélioration de la vision supérieur dans les deux études. Elle a également fait état d’un gonflement moindre de la rétine pendant la période de suivi de 52 semaines. Les informations disponibles ne précisent ni les scores de vision exacts, ni l’ampleur de l’effet du traitement, ni les résultats détaillés en matière de sécurité. Ces chiffres ne peuvent donc pas encore être évalués indépendamment sur la seule base de l’annonce.

Le schéma des injections constitue l’un des résultats pratiques les plus nets. Environ deux tiers des patients n’ont pas eu besoin d’injections supplémentaires après la phase de traitement initiale. L’œdème maculaire lié à l’uvéite peut nécessiter des consultations et des interventions répétées. La durée des bénéfices est donc importante pour les patients, les ophtalmologues et les systèmes de santé.

Cela ne signifie pas que tous les patients suivraient la même évolution. Les décisions thérapeutiques dépendent de l’inflammation sous-jacente, des changements au niveau de la rétine et de la réponse du patient au fil du temps. Les données complètes des essais seront importantes pour déterminer comment le vamikibart se compare aux traitements existants et si ses bénéfices justifient une utilisation plus large.

Roche a présenté les résultats lors de la réunion de l’American Academy of Ophthalmology, un grand rendez-vous international des spécialistes de la vue.

Suivre le processus d’autorisation

Le vamikibart reste un médicament expérimental, malgré ces résultats positifs. Roche n’a obtenu aucune autorisation de mise sur le marché dans les pays mentionnés dans l’annonce.

La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a accepté la demande de Roche et devrait rendre sa décision d’ici à juillet 2027. Roche a également déposé des demandes dans l’Union européenne, en Chine et au Japon. Chaque autorité examinera les données cliniques selon sa propre procédure avant de décider si les bénéfices du traitement l’emportent sur les risques.

L’acceptation d’une demande signifie que la FDA a accepté d’examiner le dossier. Elle ne constitue ni une autorisation ni une conclusion selon laquelle le médicament est sûr et efficace pour un usage courant. La même distinction vaut pour les demandes déposées ailleurs.

Pour Roche, le calendrier réglementaire place le vamikibart parmi les programmes de développement les plus avancés de l’entreprise. Pour les patients et les spécialistes suisses de la vue, les prochaines étapes importantes comprendront la publication des résultats détaillés des essais, les évaluations des autorités et toute information sur la place du médicament par rapport aux traitements existants.

L’entreprise n’a communiqué ni date de lancement, ni prix, ni détails sur un éventuel remboursement. Ces questions ne se poseront que si les autorités accordent une autorisation. En Suisse, tout accès futur dépendrait aussi des décisions nationales en matière d’autorisation, de prix et de remboursement.

Suivre le débat sur l’accès en Suisse

Un éventuel nouveau traitement aurait des conséquences qui dépasseraient le siège bâlois de Roche. L’uvéite peut toucher des personnes en âge de travailler comme des personnes plus âgées. Lorsque l’inflammation n’est pas suffisamment maîtrisée, l’œdème maculaire peut gêner la vision centrale. Un traitement qui préserve la vision tout en limitant le besoin d’injections répétées pourrait influer sur l’organisation du suivi dans les services d’ophtalmologie.

Le fait qu’environ deux tiers des patients n’aient pas eu besoin d’autres injections après la phase initiale est particulièrement important du point de vue de la charge des soins. Un nombre moindre d’interventions pourrait signifier moins de consultations pour certains patients, même si le calendrier définitif dépendrait de l’indication approuvée et des décisions médicales individuelles. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir combien de temps les bénéfices perdurent au-delà de la période d’étude de 52 semaines.

Les patients suisses devraient encore franchir plusieurs étapes avant de pouvoir éventuellement accéder au traitement. Roche devrait obtenir une autorisation, puis des décisions devraient être prises sur la disponibilité en Suisse, le prix et le remboursement. Les différends antérieurs entre l’entreprise et les autorités suisses au sujet du prix des médicaments ont montré à quelle vitesse les questions d’accès peuvent s’inscrire dans un débat plus large sur la santé.

Pour l’heure, ces données constituent une avancée importante dans le développement du vamikibart par Roche, et non un produit prêt à être commercialisé. La décision attendue de la FDA d’ici à juillet 2027, ainsi que les examens en Europe, en Chine et au Japon, détermineront si le vamikibart passe du statut de résultat prometteur d’essai à celui d’option thérapeutique.