Parlement suisse
Le Parlement suisse approuve une plateforme numérique pour les données de prévoyance et d’assurances sociales
Le Parlement suisse a approuvé la création d’une plateforme en ligne sécurisée permettant aux résidentes et résidents de consulter leurs cotisations de prévoyance et d’autres données d’assurances sociales sous forme numérique. Le service ne devrait pas être lancé avant 2028. Il remplacera un processus qui repose encore largement sur des documents papier et des fichiers PDF.

Les dossiers de prévoyance en Suisse devraient être transférés sur une plateforme numérique nationale, accessible au plus tôt à partir de 2028. Le Conseil des États a approuvé mardi 22 septembre 2026 la numérisation complète des assurances sociales. Cette décision fait avancer un projet destiné à permettre aux personnes assurées d’accéder plus rapidement à des informations qui restent dispersées entre différents systèmes administratifs.
La plateforme permettra aux résidentes et résidents de se connecter de manière sécurisée et de consulter leurs données concernant la prévoyance vieillesse et d’autres assurances sociales. Ils pourront voir quelles cotisations ont été créditées sur leurs comptes individuels, vérifier si les employeurs ont effectué les versements requis et repérer d’éventuelles lacunes dans leur historique de cotisations.
Cette décision répond à une frustration bien connue des personnes qui doivent se repérer dans le système de prévoyance suisse. Les demandes de renseignements peuvent actuellement prendre plusieurs semaines. Les assureurs et les organes administratifs échangent encore des données au moyen de systèmes qui ne sont pas entièrement automatisés, tandis que les personnes assurées reçoivent fréquemment du courrier papier ou des fichiers PDF.
Le Conseil national avait déjà soutenu le projet. Le Conseil des États a accepté les modifications apportées au cours du processus législatif et a renvoyé le projet de loi au Conseil national pour approbation. En attendant cette dernière étape et les travaux techniques qui suivront, les résidentes et résidents continueront d’utiliser les canaux existants pour suivre leurs dossiers d’assurances sociales.
Donner aux résidentes et résidents un relevé plus clair de leurs cotisations
Une connexion sécurisée permettra aux personnes assurées de consulter leur historique de cotisations. Le service proposé doit offrir un point d’accès numérique unique aux informations sur la prévoyance et les assurances sociales au sens large. Il réduira la nécessité de demander des documents à différents organismes ou d’attendre du courrier postal.
Pour les personnes actives, l’une des utilisations les plus concrètes consistera à vérifier les éléments qui déterminent leur future rente de vieillesse. Une personne pourra s’assurer que chaque employeur a versé les cotisations correspondantes et repérer une période manquante avant qu’elle n’influe sur le calcul de la rente. Cela revêt une importance particulière lorsque les personnes changent d’emploi, déménagent dans un autre canton ou passent une partie de leur vie professionnelle à l’étranger.
L’utilisation de la plateforme restera facultative pour les personnes assurées. La législation prévoit une approche différente pour les organisations qui administrent les régimes et les compagnies d’assurance concernées par le système. Elles devront communiquer électroniquement entre elles, ce qui permettra de standardiser les échanges de données, même si une personne n’utilise pas le service en ligne.
Les informations disponibles ne précisent pas la conception technique définitive de la plateforme, la méthode de vérification de l’identité ni l’ensemble des régimes d’assurances sociales concernés. Ces détails seront importants pendant la suite du processus parlementaire et la planification de la mise en œuvre.
Réduire les frais liés au papier et standardiser les données
Le système proposé pourrait permettre d’économiser environ 25 millions de francs par an sur les seuls frais de port. Erich Ettlin, parlementaire du Centre s’exprimant au nom de la commission, a cité ce montant lors de l’examen du projet de loi par le Conseil des États. Les économies potentielles découleraient du remplacement d’une partie des échanges sur papier par une communication électronique standardisée.
Ce montant ne représente qu’une partie des arguments administratifs en faveur du projet. Des transferts de données plus rapides pourraient aussi réduire les traitements manuels et raccourcir le délai de réponse aux demandes. Les informations disponibles ne fournissent aucune estimation globale des coûts de développement, de cybersécurité, de maintenance ou de transition depuis les systèmes existants. Il n’est donc pas encore possible de mesurer l’impact financier total de la plateforme à partir des informations parlementaires disponibles.
Cette réforme reflète aussi la complexité du paysage suisse des assurances sociales. Les données de prévoyance et les dossiers associés concernent plusieurs organes d’exécution, assureurs et employeurs. Pour que ces institutions échangent des informations par voie électronique, il faut des normes communes et des liens fiables entre des systèmes développés séparément.
Pour la population, le changement visible pourrait être modeste : un compte en ligne sécurisé remplacerait une série de lettres et de pièces jointes en PDF. Derrière cette interface, le projet exigera toutefois des dossiers cohérents, une attribution claire des responsabilités en cas de correction d’erreurs et des mesures de protection des informations financières et personnelles hautement sensibles.
Préparer le lancement en 2028
La mise en service n’est pas prévue avant 2028 et le projet de loi doit encore franchir une étape parlementaire. Le Conseil des États a approuvé les précisions et autres modifications apportées par le Conseil national, puis a renvoyé le texte au Conseil national pour approbation. Le calendrier laisse la possibilité de nouvelles décisions politiques avant que le service ne soit accessible au public.
La mise en œuvre mettra aussi à l’épreuve la capacité de la Suisse à moderniser un système réparti entre des institutions publiques, des assureurs et des employeurs. Une plateforme fonctionnelle nécessitera des dossiers exacts, des connexions électroniques fiables et une méthode sécurisée permettant aux résidentes et résidents de prouver leur identité. Elle devra présenter les informations de manière compréhensible et proposer une procédure claire pour contester des cotisations manquantes ou incorrectes.
L’utilisation étant facultative, les canaux papier et non numériques existants resteront importants, notamment pour les personnes qui ne disposent pas d’un accès fiable à Internet ou préfèrent s’adresser à une administration. Le gouvernement et les organismes d’assurance devront donc faire fonctionner des services parallèles pendant la transition.
Si le Parlement mène à bien la procédure d’approbation restante, la plateforme pourrait permettre aux personnes actives de suivre plus directement l’évolution de leur dossier de prévoyance tout au long de leur carrière. Pour l’instant, les résidentes et résidents doivent continuer à s’adresser aux services et à utiliser la correspondance habituels pour vérifier leurs cotisations, tandis que le service numérique passe de la loi à la mise en œuvre.