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UBS verse 5 millions d’euros pour régler une affaire fiscale héritée de Credit Suisse
UBS versera 5 millions d’euros pour régler une enquête pénale menée aux Pays-Bas, héritée de Credit Suisse et portant sur des déclarations fiscales présumées inexactes concernant d’anciens clients. Cet accord ne constitue pas un aveu de culpabilité pénale.

UBS versera 5 millions d’euros, soit environ 4,7 millions de francs, pour clore une affaire fiscale aux Pays-Bas héritée de Credit Suisse. La banque suisse a annoncé mardi 22 septembre 2026 avoir conclu un accord avec le ministère public néerlandais, rapprochant ainsi de son terme juridique une longue enquête sur les activités passées de Credit Suisse.
Les autorités néerlandaises ont examiné une éventuelle responsabilité pénale liée à des déclarations fiscales présumées inexactes concernant 12 anciens clients néerlandais. Les déclarations en question remontent à la période de 2005 à 2015, lorsque Credit Suisse exerçait ses activités indépendamment d’UBS. UBS a absorbé son ancien concurrent en 2023 et a repris la responsabilité de ses affaires juridiques et réglementaires en suspens.
L’accord comporte une précision juridique importante. UBS a indiqué qu’il ne constitue pas un aveu de culpabilité pénale. Le paiement met fin à la procédure sans que la banque reconnaisse une responsabilité pénale pour les faits faisant l’objet de l’enquête.
Cette affaire s’ajoute aux dossiers juridiques engendrés par le rachat d’urgence de Credit Suisse. Pour UBS, la tâche immédiate consiste à régler l’affaire néerlandaise tout en distinguant les comportements hérités des normes de conformité qui, selon la banque, régissent aujourd’hui l’établissement fusionné.
Les procureurs néerlandais ont examiné dix années de déclarations fiscales
L’enquête a porté sur dix années de déclarations fiscales et 12 anciens clients. Les procureurs néerlandais se sont penchés sur une éventuelle responsabilité pénale liée aux informations transmises aux autorités fiscales entre 2005 et 2015.
Les informations disponibles ne précisent ni l’identité des anciens clients, ni les déclarations fiscales visées, ni les inexactitudes présumées. Elles n’indiquent pas non plus le montant des impôts qui auraient pu être concernés. Ces limites sont importantes, car le montant de l’accord ne décrit pas à lui seul les faits sous-jacents et ne prouve pas que toutes les allégations ont été établies devant un tribunal.
Le paiement d’UBS fait suite à un accord avec le ministère public néerlandais, et non à un verdict rendu à l’issue d’un procès, selon les informations communiquées. La banque présente cette issue comme le règlement d’une affaire héritée de Credit Suisse. Elle maintient que l’accord ne constitue pas un aveu de culpabilité pénale.
Pour les autorités néerlandaises, le règlement met un terme à une affaire liée à des activités bancaires transfrontalières anciennes. Pour les observateurs suisses, il montre que des affaires de conformité fiscale peuvent rester ouvertes des années après la fin des opérations, des déclarations et des relations avec les clients examinées.
Le rachat de 2023 s’est accompagné d’un héritage juridique
UBS a hérité de l’affaire lors du rachat de Credit Suisse en 2023. Cette acquisition a donné lieu à la plus grande intégration bancaire de l’histoire moderne de la Suisse et a entraîné le transfert de bien plus qu’un bilan. UBS a également repris les risques juridiques non résolus de Credit Suisse, notamment des enquêtes portant sur des comportements antérieurs au rachat.
L’accord conclu aux Pays-Bas illustre le coût persistant de cet héritage. Le versement de 5 millions d’euros est modeste au regard de la taille d’UBS et des conséquences financières plus larges du sauvetage de Credit Suisse. Pourtant, chaque affaire héritée nécessite un examen juridique, des négociations avec les autorités et une communication publique. Le règlement d’un dossier peut aussi dissiper l’incertitude quant à d’éventuelles procédures futures et libérer du temps pour la direction.
UBS distingue les comportements passés de Credit Suisse de son cadre de conformité actuel. La banque a déclaré appliquer une politique de tolérance zéro à l’égard de la fraude fiscale et mettre régulièrement à jour ses directives en matière de conformité fiscale. Cette déclaration reflète le niveau d’exigence auquel sont soumis les établissements bancaires suisses lorsqu’ils servent des clients ayant des obligations fiscales internationales.
L’accord ne prouve pas qu’UBS elle-même ait commis les faits présumés. Il confirme que la banque, en tant que successeur de Credit Suisse, a accepté un accord financier avec les procureurs néerlandais pour régler la procédure héritée.
L’affaire remet la conformité fiscale suisse au premier plan
Cet accord renforce la pression exercée sur les banques suisses pour qu’elles documentent leur conformité fiscale au-delà des frontières. Depuis des années, le secteur bancaire suisse répond à des enquêtes, à des pressions politiques et à l’évolution des normes internationales concernant les avoirs non déclarés et l’imposition des clients. L’affaire néerlandaise s’inscrit dans cette histoire plus large, même si l’annonce disponible porte sur un groupe limité d’anciens clients et des déclarations fiscales anciennes.
La réponse publique d’UBS fait référence aux règles désormais attendues d’une banque mondiale. L’établissement affirme mettre à jour ses directives de conformité et appliquer une approche de tolérance zéro à l’égard de la fraude fiscale. Ces politiques doivent être mises en œuvre dans des juridictions où les règles fiscales, les obligations de déclaration et les pratiques en matière de poursuites diffèrent.
Les prochaines conséquences sont d’ordre pratique. UBS continuera de gérer les autres affaires juridiques héritées du rachat de Credit Suisse, tandis que les autorités de surveillance et les procureurs évalueront les comportements au regard des lois applicables à l’époque. L’accord néerlandais montre également qu’il est important de distinguer un règlement financier d’une décision constatant une culpabilité pénale.
Pour la Suisse, cette affaire rappelle de manière précise, mais concrète, que les conséquences juridiques d’activités bancaires transfrontalières peuvent perdurer au-delà d’une relation avec un client, d’une déclaration fiscale et même de la banque qui gérait initialement le compte.