Technologie
Twint annonce une fonction de prélèvement automatique pour les paiements récurrents dès 2027
Twint, la principale application de paiement de Suisse, prévoit de lancer un service de prélèvement automatique d’ici 2027. Ses plus de six millions d’utilisatrices et utilisateurs pourront ainsi gérer plus facilement, directement dans l’application, les factures récurrentes liées aux abonnements, aux assurances et à d’autres dépenses.

Le paysage numérique suisse se prépare à un bouleversement majeur alors que Twint s’apprête à conquérir le marché traditionnel de la facturation. Plus de 6 millions d’utilisatrices et utilisateurs actifs, soit près des trois quarts de la population suisse, vont voir leur gestion financière transformée. D’ici 2027, l’application de paiement dominante du pays lancera une fonction de prélèvement automatique, se plaçant ainsi au cœur de la gestion des dépenses récurrentes des ménages. Il ne s’agit pas d’une simple mise à jour, mais d’une offensive mûrement réfléchie contre les contraintes des virements manuels. Alors qu’aujourd’hui les consommatrices et consommateurs jonglent entre différents portails bancaires et bulletins de versement papier, le nouvel écosystème Twint réunira les primes d’assurance-maladie, les factures d’électricité et les abonnements numériques dans une interface unique et fluide. L’urgence est palpable : cette évolution intervient au moment où l’ancienne infrastructure financière commence à disparaître, marquant un point de non-retour pour l’adoption du numérique en Suisse. Twint ne sert plus seulement à partager l’addition d’un repas au restaurant : l’application devient l’intermédiaire incontournable du portefeuille suisse.
En finir avec les documents papier
L’ère des « processus fastidieux » et des formulaires papier archaïques touche officiellement à sa fin. Le nouvel objectif de Twint est clair : éliminer la charge administrative qui pèse depuis des décennies sur les ménages suisses. En intégrant le prélèvement automatique, l’application promet de réduire le temps consacré aux démarches mensuelles et de faire en sorte que « moins de factures soient oubliées », au bénéfice des consommatrices et consommateurs comme des commerçantes et commerçants. Le système traditionnel de prélèvement LSV+, pilier du secteur bancaire suisse, est désormais voué à disparaître, son retrait étant prévu pour septembre 2028. Cette période de transition de quatre ans impose aux entreprises un calendrier serré pour moderniser leurs cycles de facturation. Les commerçantes et commerçants devraient en tirer un avantage considérable : leur charge administrative diminuera fortement, remplacée par un suivi automatisé en temps réel. Contrairement aux systèmes rigides du passé, cette approche axée sur le numérique permet aux utilisatrices et utilisateurs de consulter et de gérer leurs engagements avec une transparence sans précédent, directement depuis leur téléphone. Le message adressé au marché est sans équivoque : s’adapter à l’ère numérique ou rester à la traîne dans un passé encombré de papier.
Les géants bancaires s’unissent pour dominer le numérique
Ce virage technologique de grande ampleur bénéficie du soutien de tout l’establishment financier suisse. Un puissant consortium réunissant UBS, PostFinance, Raiffeisen et ZKB soutient cette évolution, afin que la transition ne soit pas une simple tendance technologique, mais une norme bancaire fondamentale. Si Twint est l’entreprise la plus appréciée de Suisse, ce n’est pas un hasard : c’est le résultat d’un effort concerté des principales banques du pays pour préserver leur souveraineté sur le marché national des paiements. En lançant ce service, ces établissements dressent un rempart contre les géants technologiques internationaux qui convoitent le marché suisse. Les chiffres sont impressionnants : Twint bénéficie déjà de la fidélité de millions d’utilisatrices et utilisateurs et, en intégrant la fonction de prélèvement automatique, consolide sa place de service indispensable. Ce front commun entre des concurrents tels que la BCV et SIX illustre un rare alignement de l’ensemble du secteur. Il ne s’agit pas seulement de lancer une fonctionnalité : ces acteurs bâtissent une forteresse financière nationale afin que l’argent suisse reste dans des systèmes suisses, gérés par des institutions suisses.
Dessiner l’avenir de la finance suisse
À l’approche de 2027 et au-delà, les conséquences pour l’économie suisse sont considérables. À mesure que l’échéance de septembre 2028 pour la suppression du LSV+ approche, les trois prochaines années verront les fournisseurs de services publics, les assureurs et les services d’abonnement se hâter d’intégrer ces solutions. Nous assistons à l’émergence d’une culture des « super-applications » en Suisse, où les frontières entre banque, communication et gestion du quotidien s’estompent. Cette évolution devrait déclencher une vague d’innovation dans les relations entre les entreprises suisses et leur clientèle, en passant d’une facturation réactive à une gestion financière proactive. Le succès de la fonction de prélèvement automatique de Twint servira de test pour mesurer la préparation du pays au numérique. Si la transition se déroule aussi facilement que promis, la Suisse consolidera son statut de leader mondial dans l’adoption des technologies financières. Les enjeux sont importants, mais la dynamique semble irrésistible. À l’approche du lancement en 2027, la question n’est plus de savoir si la population suisse adoptera un avenir sans espèces ni papier, mais à quelle vitesse elle y parviendra. La révolution numérique n’est pas à venir : elle est déjà en train de s’inscrire dans le quotidien suisse.