Politique suisse
Qui pourrait remplacer Guy Parmelin au gouvernement suisse ?
Le président sortant de la Confédération, Guy Parmelin, soutient un renouvellement générationnel au Conseil fédéral, tandis que plusieurs femmes plus jeunes sont citées comme successeures possibles.

Le calendrier de la succession au Conseil fédéral est déjà en marche. Guy Parmelin a annoncé le 2 octobre qu’il quitterait le gouvernement suisse à la fin décembre 2026, mettant ainsi un terme à 11 ans de carrière au sein de l’exécutif. Le Parlement élira son successeur le 9 décembre, laissant deux mois à l’Union démocratique du centre (UDC) pour s’entendre sur son ou ses candidats.
Cette vacance est importante, car le Conseil fédéral, composé de sept membres, repose sur une répartition des sièges entre les principaux partis, établie de longue date. Selon la formule magique, l’UDC devrait conserver le siège de Parmelin. Le choix final sera effectué par l’Assemblée fédérale, où les deux chambres du Parlement votent ensemble.
Le départ de Parmelin ouvre aussi un débat sur la nouvelle génération du parti. Dans un entretien accordé à CH Media, le ministre sortant de l’économie a apporté son soutien à de jeunes politiciennes et a notamment cité trois femmes : la députée genevoise Céline Amaudruz, la conseillère aux États saint-galloise Esther Friedli et la conseillère d’État zurichoise Natalie Rickli. Leurs candidatures ne sont pas confirmées, mais leurs noms sont désormais au cœur de la course.
L’UDC maîtrise le premier choix
L’UDC maîtrisera la première étape décisive, le 20 novembre. Son groupe parlementaire à l’Assemblée fédérale présentera un ou plusieurs candidats officiels, mais la direction du parti n’a pas précisé combien de noms figureront sur la liste. Cette décision influencera la campagne avant le vote de l’ensemble du Parlement.
Céline Amaudruz réfléchit à la possibilité de se lancer dans la course. Cette politicienne genevoise de 47 ans est vice-présidente de l’UDC et est connue du public en Suisse romande comme en Suisse alémanique. Elle n’avait pas brigué un siège au Conseil fédéral après la démission d’Ueli Maurer en 2022. Cette fois, elle consulte son mari, son employeur et le président de son parti avant de se décider.
Amaudruz s’est aussi parfois écartée de la ligne du parti sur des questions de société. Elle a voté contre la position de l’UDC sur le mariage pour toutes et tous ainsi que sur la légalisation du don d’ovules. Cette position pourrait séduire les parlementaires en quête d’une candidate capable de rassembler au-delà de son parti, tout en soulevant des questions sur la proximité avec laquelle une future conseillère fédérale suivrait la stratégie parlementaire de l’UDC.
Le processus de nomination révélera si l’UDC souhaite présenter une seule candidate, afin d’assurer une discipline maximale, ou un choix plus large, laissant au Parlement une marge de décision.
Trois femmes au cœur de la course
Trois femmes sont les noms les plus souvent cités. Esther Friedli, conseillère aux États saint-galloise, possède une expérience de la Chambre haute et jouit d’un solide ancrage régional. Comme Amaudruz, elle n’avait pas brigué le siège au Conseil fédéral après la démission de Maurer en 2022. Son entrée ultérieure au Conseil des États a renforcé son profil national.
Friedli serait confrontée à un obstacle géographique. La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter représente déjà Saint-Gall, ce qui soulève la question d’une trop grande influence du canton au sein de l’exécutif, qui compte sept membres. L’équilibre régional pèse souvent dans les élections au Conseil fédéral, même lorsque l’arithmétique des partis semble désigner clairement un successeur.
Natalie Rickli présente un profil différent. Ancienne parlementaire fédérale, elle dirige le département zurichois de la santé et compte parmi les politiciennes les plus en vue de l’UDC. Elle possède plusieurs années d’expérience parlementaire et peut s’appuyer sur un canton d’origine puissant. Le calendrier pourrait toutefois jouer contre elle : Rickli devrait faire campagne pour sa réélection à Zurich au moment où le Parlement votera le 9 décembre.
Parmelin a fait valoir que l’âge ne devrait pas éclipser les compétences. Les trois candidates potentielles ont entre 45 et 49 ans, soit environ deux décennies de moins que lui, et chacune a déjà exercé des fonctions politiques importantes.
Parmelin soutient un renouvellement générationnel
Dans les derniers mois de son mandat, Parmelin a remis en question les idées reçues sur les personnes qui peuvent gouverner. Il a déclaré qu’il fallait d’abord donner aux candidates potentielles la possibilité d’exercer la fonction, puis les juger sur leurs résultats. Ses propos répondaient directement aux questions d’ordre privé souvent adressées aux femmes occupant des postes politiques de haut niveau, notamment à celle de savoir qui s’occupera de leurs enfants.
Le président sortant a déclaré que la fonction de conseiller fédéral exige de la résilience, du jugement politique et un réseau de soutien fiable. « Il faut être bien entouré, parce qu’on ne peut pas tout faire seul », a-t-il dit à CH Media. Son soutien ne détermine pas l’issue de l’élection, mais il apporte aux candidates potentielles l’appui public du ministre UDC sortant.
Pour le parti, le choix ne portera pas uniquement sur le genre et l’âge. Amaudruz offre une visibilité nationale et représente la Suisse romande. Friedli possède une expérience du Conseil des États, mais doit faire face à la question saint-galloise. Rickli apporte le poids électoral de Zurich et un solide bilan exécutif, tout en menant une campagne cantonale.
La liste définitive montrera comment l’UDC équilibre loyauté, représentation régionale et capacité à être élue par le Parlement. Une fois que le parti aura désigné son ou ses candidats le 20 novembre, les autres groupes de l’Assemblée fédérale commenceront à se positionner en vue du vote de décembre.
Le Parlement se prépare au vote de décembre
La décision mettra à l’épreuve la manière dont l’UDC entend définir sa place au gouvernement après Parmelin. Le parti devrait conserver son siège en vertu de la formule suisse de partage du pouvoir, mais c’est le Parlement qui décidera de la personne qui l’occupera. Ce système permet à l’Assemblée fédérale de prendre en compte la force des partis, mais aussi la région linguistique, le canton, l’expérience et la crédibilité personnelle.
La candidate élue rejoindra un exécutif collégial sans premier ministre, où les décisions gouvernementales sont prises collectivement. La nouvelle conseillère fédérale héritera d’un département fédéral et devra travailler avec des collègues de tout l’échiquier politique. La fonction exige donc davantage qu’une campagne convaincante au sein du groupe parlementaire de l’UDC.
Les prochaines étapes sont claires. L’UDC désignera son ou ses candidats officiels le 20 novembre. Le Parlement élira le successeur de Parmelin le 9 décembre, et le nouveau conseiller fédéral entrera en fonction après le départ de Parmelin, à la fin décembre.
Amaudruz, Friedli et Rickli sont les principaux noms cités dans les sources, mais la course reste ouverte jusqu’à ce que le parti se prononce. Leur compétition a déjà mis en évidence un aspect du prochain Conseil fédéral : la Suisse pourrait se préparer à voir une nouvelle génération plus jeune prendre les rênes de l’exécutif national.