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Swiss Observer

La Suisse ouvre la consultation sur la politique agricole 2030

Le Conseil fédéral a ouvert la consultation sur sa politique agricole à partir de 2030. Le cadre proposé vise à accorder davantage de liberté entrepreneuriale aux agriculteurs, tout en renforçant la responsabilité, la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique.

La Suisse ouvre la consultation sur la politique agricole 2030
AISWI swissinfo.ch

Le Conseil fédéral a ouvert la consultation sur la PA30+ le 2 septembre 2026, soumettant au débat public la politique agricole de la Suisse pour la prochaine décennie. La consultation se déroulera jusqu’au 8 décembre 2026. Les agriculteurs, les entreprises, les autorités cantonales, les organisations de consommateurs et d’autres groupes intéressés pourront ainsi faire connaître officiellement leur avis.

Le projet de loi, intitulé « Politique agricole à partir de 2030 », prévoit une refonte générale des relations entre l’État et le secteur agricole. Il vise à donner davantage de marge de manœuvre aux agriculteurs dans leurs décisions commerciales, tout en exigeant une responsabilité plus clairement définie quant aux effets économiques, environnementaux et sociaux de l’agriculture.

Le calendrier est important pour un pays qui s’appuie sur une combinaison de production nationale, d’importations et de soutien public pour assurer son approvisionnement alimentaire. Le gouvernement a placé la sécurité alimentaire parmi les principaux objectifs de la politique, au même titre que l’accroissement de la liberté des agriculteurs. La consultation permettra d’examiner comment concilier ces objectifs dans la pratique, notamment comment la Suisse devrait soutenir la production tout en répondant aux pressions climatiques et aux exigences environnementales.

Le processus élargit également le débat au-delà de la politique agricole. Le Conseil fédéral estime que l’industrie alimentaire et les consommateurs doivent aussi contribuer à la mise en place d’un système alimentaire durable. Leurs prises de position aideront à façonner le projet de loi avant que le gouvernement ne décide de la suite à donner.

Plus de liberté et de responsabilité pour les agriculteurs

La PA30+ accorderait davantage de liberté entrepreneuriale aux agriculteurs, tout en renforçant les exigences en matière de responsabilité. Les documents de référence ne précisent pas comment chaque nouvelle liberté ou obligation serait mesurée, mais ils indiquent clairement que les agriculteurs seraient davantage amenés à décider de la gestion et de la commercialisation de leur exploitation.

Le gouvernement prévoit également d’aider les exploitations à commercialiser leurs produits. Cette mesure pourrait rapprocher la politique agricole des réalités commerciales auxquelles sont confrontés les producteurs suisses, notamment la nécessité de trouver des clients et de faire connaître la valeur des produits indigènes. La consultation permettra aux organisations agricoles, aux entreprises alimentaires et aux consommateurs d’évaluer si le soutien proposé correspond à ces réalités.

Pour les agriculteurs, les effets concrets de la politique dépendront des règles détaillées qui suivront. Une plus grande marge de décision pourrait aider les exploitations à s’adapter aux conditions locales, aux nouvelles technologies et à l’évolution de la demande. Des exigences de responsabilité renforcées pourraient entraîner des obligations supplémentaires en matière de rapports ou de résultats. Le document de référence ne précise ni les indicateurs proposés, ni les montants des paiements, ni les modalités de contrôle.

Ces détails détermineront probablement la manière dont le secteur agricole évaluera le paquet. Le Conseil fédéral présente la PA30+ comme un cadre destiné à instaurer un système alimentaire économiquement durable, mais la consultation doit maintenant définir comment les responsabilités et le soutien seront répartis tout au long de la chaîne, de la ferme au supermarché.

La PA30+ vise l’adaptation au climat

Le paquet proposé sur le climat associe un soutien à l’adaptation à des mesures visant à protéger les cultures et les écosystèmes. La PA30+ soutiendrait les exploitations dans leur adaptation au changement climatique, tout en encourageant une meilleure protection des cultures, la promotion des insectes et les technologies durables.

Le texte de la politique porte sur plusieurs aspects de la gestion agricole. La protection des cultures vise les risques que les ravageurs et l’évolution des conditions font peser sur les rendements. La promotion des insectes souligne le rôle de la biodiversité et de la pollinisation dans la production agricole. Les technologies durables pourraient comprendre de nouveaux outils ou systèmes permettant de réduire les pressions sur l’environnement, même si le document de référence ne mentionne ni technologies précises ni programmes de financement particuliers.

La proposition relie ainsi la sécurité alimentaire à la résilience de la production. Pour maintenir les volumes produits, les exploitations doivent gérer les risques climatiques, mais le gouvernement entend également que le système alimentaire respecte des normes écologiques. La consultation permettra aux acteurs agricoles et environnementaux d’examiner si le paquet apporte une aide concrète et si ses conditions sont applicables dans les différentes régions de Suisse.

Le document ne fournit ni répartition par région ni estimation des effets attendus. Les exploitations de montagne, les producteurs de grandes cultures et les vignobles peuvent être confrontés à des risques et à des besoins d’investissement différents, ce qui rend particulièrement important le choix des mesures nationales. La consultation offre la première occasion au public d’examiner ces choix avant la mise en œuvre à partir de 2030.

Le financement met la PA30+ à l’épreuve

À partir de 2030, le gouvernement fédéral prévoit de dépenser un peu moins pour le soutien à l’agriculture et à l’alimentation, ce qui ajoute une contrainte financière à la consultation. Le document ne précise ni montant en francs, ni pourcentage de réduction, ni répartition entre paiements aux exploitations, politique alimentaire et mesures climatiques. L’orientation est néanmoins claire : la politique proposée devra répondre à des objectifs plus larges avec un peu moins de ressources publiques qu’aujourd’hui.

Cette décision soumettra la conception de la PA30+ à un examen attentif. Les agriculteurs et leurs représentants voudront savoir quelles conséquences la baisse du financement global aura pour les exploitations et si les nouvelles mesures climatiques ou commerciales s’accompagneront d’un soutien fiable. Les entreprises alimentaires et les groupes de consommateurs pourraient s’intéresser aux effets sur les prix, l’approvisionnement et la disponibilité des produits suisses.

La proposition du gouvernement répartit les responsabilités dans l’ensemble du système alimentaire, mais la consultation montrera comment chaque groupe réagit à cette approche. Elle permettra aussi de savoir si les parties prenantes estiment que la liberté entrepreneuriale compense suffisamment le renforcement des exigences de responsabilité et la diminution du financement global.

La Suisse dispose maintenant de trois mois pour débattre du cadre proposé, avant l’échéance du 8 décembre 2026. Le Conseil fédéral devra tenir compte des prises de position au moment d’affiner la législation destinée à façonner l’agriculture, la sécurité alimentaire et la durabilité à partir de 2030.