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Swiss Observer

Le passeport suisse au neuvième rang mondial dans le dernier indice de mobilité

Le passeport suisse se classe au neuvième rang mondial et offre un accès sans visa ou simplifié à la plupart des destinations, même si plusieurs passeports européens permettent une mobilité plus étendue.

Le passeport suisse au neuvième rang mondial dans le dernier indice de mobilité
AILe News

La neuvième place mondiale maintient fermement le passeport suisse dans l’élite internationale. Le dernier indice Passport Reports permet aux citoyens suisses d’accéder à 173 destinations sans obtenir de visa classique à l’avance. La Suisse partage ainsi la neuvième place avec le Portugal, même si plusieurs pays européens voisins occupent un rang supérieur.

Le classement recense 119 destinations accessibles sans visa, 54 autres où un visa peut être obtenu à l’arrivée ou une autorisation électronique de voyage est admise, et 25 destinations pour lesquelles les voyageurs suisses doivent obtenir un visa avant leur départ. Ces chiffres offrent aux citoyens suisses une grande liberté de circulation en Europe, dans les Amériques et dans les Caraïbes. L’accès s’étend aussi à 93 % des destinations en Océanie et à 72,2 % en Afrique.

Pour les voyageurs suisses, le résultat concret est bien connu : les courts séjours, les voyages d’affaires et les vacances nécessitent souvent peu de préparatifs, hormis un passeport valable et, dans certains cas, une autorisation en ligne. Le classement replace aussi la Suisse dans un contexte diplomatique et économique utile. Les gouvernements ont tendance à assouplir les règles d’entrée pour les ressortissants de pays considérés comme stables, réciproques et à faible risque. La position de la Suisse reflète la solidité de ses institutions, ses liens économiques internationaux et son dense réseau de relations.

Bien interpréter l’écart européen

La Suisse se classe au 13e rang parmi 47 pays européens, un résultat qui dépend autant des catégories retenues que des possibilités d’accès. L’Allemagne, l’Espagne et d’autres membres de l’UE devancent la Suisse dans le classement continental. L’écart est toutefois moins marqué que ne le suggèrent les rangs.

Le Luxembourg, la Belgique, la France, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Suède et la Grèce affichent tous le même score de mobilité globale que la Suisse : 173 destinations accessibles sans visa classique à l’avance. Ils comptent également le même nombre de 25 destinations nécessitant un visa. La Suisse est moins bien classée parce que l’indice considère qu’un nombre inférieur de destinations lui sont totalement accessibles sans visa et qu’un nombre supérieur nécessite un visa à l’arrivée.

Cette distinction compte pour les voyageurs qui privilégient la rapidité et la prévisibilité. Une entrée sans visa signifie généralement qu’il est possible de franchir la frontière sans avoir à obtenir un document distinct. Un visa à l’arrivée peut rester une formalité, mais il peut impliquer des frais, des files d’attente, une preuve de moyens financiers ou des documents supplémentaires. Les différences en Europe concernent notamment des destinations comme les îles Marshall, les Palaos et les Samoa, où certains titulaires de passeports européens mieux classés bénéficient d’une entrée sans visa, tandis que les citoyens suisses obtiennent un visa à l’arrivée.

Le classement met donc en évidence une différence technique dans les conditions d’entrée plutôt qu’un écart considérable de mobilité en Europe.

Décrypter l’avantage diplomatique

Les Émirats arabes unis occupent la première place, montrant comment les relations bilatérales peuvent modifier la portée d’un passeport. Singapour suit au deuxième rang et l’Espagne se classe troisième. La Malaisie est quatrième, le Luxembourg cinquième, la Belgique et la France partagent la sixième place, et le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Suède se partagent la septième. La Grèce est huitième, le Portugal et la Suisse partagent la neuvième place, et l’Autriche complète le premier groupe du classement.

Les ex æquo font que les dix premières places comptent 17 passeports. Le tableau mesure les possibilités d’entrée, et non la richesse, la qualité de vie ou l’expérience globale d’un voyage avec un passeport. Il n’évalue pas la facilité à trouver un emploi, à s’établir durablement, à bénéficier de services publics ou à obtenir une protection à l’étranger.

La comparaison avec les Émirats arabes unis rend la méthode plus concrète. Leurs citoyens peuvent entrer dans 15 destinations sans visa préalable, alors que les citoyens suisses en ont toujours besoin. Ces destinations sont le Bénin, le Burkina Faso, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, le Ghana, l’Iran, l’Irak, le Liberia, le Mali, Nauru, le Niger, le Pakistan, le Soudan et le Yémen. Dans huit cas, les Émirats arabes unis permettent l’entrée sans visa. Dans les autres, les ressortissants émiratis obtiennent généralement un visa à l’arrivée.

Ces différences témoignent d’accords diplomatiques actifs, de priorités régionales et de réciprocité plutôt que d’une simple hiérarchie de puissance nationale.

Vérifier l’itinéraire derrière le score

La Suisse bénéficie aussi d’un meilleur accès dans six destinations, ce qui montre pourquoi les classements globaux doivent être examinés pays par pays. Les citoyens suisses peuvent entrer au Belize, au Lesotho, au Nicaragua et au Venezuela sans visa, alors que les citoyens des Émirats arabes unis doivent en obtenir un. Les voyageurs suisses peuvent aussi se rendre aux États-Unis avec une autorisation électronique de voyage et en Australie dans le cadre d’une procédure simplifiée pour les visiteurs, tandis que la source indique que les citoyens émiratis doivent obtenir un visa pour ces deux pays.

L’avantage global des Émirats arabes unis ne s’applique donc pas partout. La valeur d’un passeport dépend de l’itinéraire prévu, du but du voyage et de la catégorie d’entrée appliquée par le pays de destination. Un voyageur d’affaires suisse se rendant aux États-Unis peut bénéficier d’une procédure plus simple que son homologue émirati, même si le passeport des Émirats arabes unis occupe la première place au classement général.

L’indice regroupe les voyages sans visa, les visas à l’arrivée et les autorisations électroniques de voyage dans son indicateur global de mobilité. Ces catégories diffèrent concrètement. Une autorisation électronique nécessite généralement une demande en ligne avant l’embarquement. Un visa à l’arrivée peut nécessiter un paiement ou des documents à la frontière. Le score global mesure les possibilités d’accès, mais les voyageurs doivent tout de même vérifier les règles de validité, la durée de séjour autorisée, les pages disponibles dans leur passeport, les exigences en matière d’assurance et les éventuelles modifications communiquées par les autorités du pays de destination.

Remettre les données de mobilité en perspective

La puissance d’un passeport offre un aperçu mesurable de la mobilité internationale de la Suisse, mais cet indicateur a des limites claires. Les cinq passeports les moins bien classés appartiennent au Yémen, au Pakistan, à l’Irak, à la Syrie et à l’Afghanistan. Le Yémen est 182e, le Pakistan 183e, l’Irak 184e, la Syrie 185e et l’Afghanistan 186e. Les citoyens afghans peuvent entrer sans visa dans seulement trois pays.

L’écart entre la Suisse et ces pays va au-delà de la facilité à voyager pour les vacances. Les politiques de visa sont liées à l’évaluation des risques migratoires, de la sécurité, de la fiabilité des documents, de la réciprocité diplomatique et des relations politiques. Les citoyens suisses bénéficient d’un passeport largement accepté par les autorités étrangères, ce qui favorise le tourisme, les affaires internationales, les études et les liens familiaux transfrontaliers.

Le classement ne permet pas de savoir où les citoyens suisses seront les bienvenus, combien de temps ils pourront séjourner ni si les règles d’une destination changeront. Il dit aussi peu de choses sur les personnes qui ne détiennent pas de passeport suisse, notamment les ressortissants étrangers qui vivent et travaillent en Suisse. Pour les citoyens suisses, toutefois, la neuvième place confirme un niveau élevé d’accès international. La comparaison européenne indique que le pays reste proche des premiers du continent, même lorsque les catégories administratives placent son passeport quelques rangs plus bas.