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Swiss Observer

Un nouvel ambassadeur américain arrive à l’ONU à Genève

Todd Steggerda a pris ses fonctions d’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU à Genève, alors que Washington cherche à faire avancer ses intérêts tout en poursuivant son boycott du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Un nouvel ambassadeur américain arrive à l’ONU à Genève
AISWI swissinfo.ch

Les États-Unis ont rétabli une présence diplomatique de haut niveau à Genève après presque deux ans sans ambassadeur auprès de leur office de l’ONU dans la ville. Todd Steggerda a présenté ses lettres de créance à Tatiana Valovaya, directrice générale de l’ONU à Genève, le lundi 28 septembre 2026, marquant ainsi son entrée officielle dans un paysage diplomatique où l’absence de Washington a été suivie de près.

Steggerda est arrivé à Genève une semaine plus tôt. Dans les prochains jours, il devrait mener des discussions bilatérales avec des représentants de gouvernements et d’organisations internationales. Sa nomination donne à Washington un représentant sur place, alors que le pays cherche à peser sur les débats au sein du système genevois, notamment en matière humanitaire, de normes mondiales et de droit international.

Le calendrier revêt de l’importance pour la Suisse. Genève accueille une forte concentration d’institutions multilatérales, de missions diplomatiques et d’organisations non gouvernementales, et les États-Unis demeurent l’un des acteurs les plus influents de ce réseau. Le retour d’un ambassadeur peut faciliter les contacts quotidiens entre responsables et homologues, même si d’importantes divergences subsistent quant au rôle de l’ONU et de ses organes chargés des droits humains.

Steggerda a clairement indiqué qu’il entendait pousser les organisations internationales à mieux tenir compte des intérêts américains. Son arrivée marque donc un nouvel engagement, assorti d’un objectif politique clairement défini.

Steggerda apporte un regard juridique

Le parcours professionnel de Steggerda conjugue droit, aviation militaire et enquêtes gouvernementales. Avant de prendre ses fonctions à Genève, il a travaillé comme avocat et servi comme pilote militaire. Plus récemment, il était chargé des enquêtes gouvernementales au sein d’un grand cabinet d’avocats international.

Cette expérience influencera son travail dans une ville où la diplomatie repose souvent sur des détails techniques, l’interprétation juridique et des négociations de longue haleine. La mission américaine devra suivre les travaux de multiples agences de l’ONU, entretenir des relations avec les délégations nationales et repérer les domaines dans lesquels les priorités des États-Unis peuvent déboucher sur des résultats concrets.

L’ambassadeur a défini sa mission en termes directs : les organisations internationales devraient mieux refléter les intérêts américains. Le récit source ne précise pas quelles réformes ou revendications politiques il entend défendre en premier. Ses premières rencontres bilatérales devraient donner une indication plus claire des priorités de Washington et du degré d’accès qu’il souhaite obtenir au sein de la Genève internationale.

Pour les responsables et les institutions suisses, cette nomination ouvre un canal de contact régulier avec l’actuelle administration américaine. Selon la source, la communauté diplomatique genevoise a traversé une période de moindre engagement des États-Unis. Un ambassadeur résident peut rétablir des contacts politiques réguliers, mais l’impact dépendra de l’intensité avec laquelle Steggerda exercera ses fonctions et des organisations auxquelles il accordera son attention.

Le boycott du Conseil des droits de l’homme se poursuit

Le retour des États-Unis à Genève ne met pas fin au boycott par Washington du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Les États-Unis continuent de refuser de participer au Conseil, basé à Genève, et ont, pour la première fois, refusé de prendre part à l’Examen périodique universel d’autres pays organisé par celui-ci.

Cette décision limite clairement la portée de la nouvelle nomination. Steggerda représentera les États-Unis dans l’ensemble du système onusien, mais il exercera ses fonctions dans une ville dont les institutions de défense des droits humains restent une importante source de désaccord entre Washington et la communauté multilatérale.

L’Examen périodique universel évalue la situation des droits humains dans les États membres de l’ONU. En refusant de participer à l’examen d’autres pays, Washington s’est retiré de l’une des procédures régulières du Conseil. Cette décision sera suivie de près par les diplomates et les organisations de défense des droits humains à Genève, où les sessions du Conseil réunissent des gouvernements et des organisations de la société civile du monde entier.

La présence de l’ambassadeur pourrait tout de même permettre aux États-Unis d’influencer les discussions en dehors des travaux officiels du Conseil. Elle donne aussi aux autres délégations un interlocuteur américain direct pour soulever des préoccupations concernant la politique en matière de droits humains, les opérations humanitaires et l’orientation générale des organisations internationales. Les relations resteront sélectives et contestées.

Genève observe les prochains mouvements de Washington

Le réseau international genevois comprend 40 institutions et organisations, 750 ONG et 185 représentations permanentes. L’ampleur de cette communauté explique pourquoi la nomination dépasse le cadre de la seule mission des États-Unis. Les décisions prises à Washington ont des répercussions sur des agences et des forums diplomatiques essentiels à l’économie et au rayonnement international de Genève.

Les États-Unis suivent déjà certaines instances, dont l’Union internationale des télécommunications. Les travaux de l’UIT sur les normes et la coordination des télécommunications présentent un intérêt direct pour Washington au sein du système genevois, même si le pays reste à l’écart du Conseil des droits de l’homme. Le mandat de Steggerda consistera notamment à déterminer où la participation américaine sert les priorités nationales et où l’administration préfère garder ses distances.

La Suisse a un intérêt pratique à ce calcul. Genève accueille le siège européen de l’ONU et un vaste écosystème d’organisations internationales, tandis que d’autres villes européennes et du Golfe cherchent à attirer des institutions et des ONG. Une moindre implication des grandes puissances peut affaiblir le poids politique de la ville et compliquer le travail de la diplomatie suisse.

Les premières rencontres de Steggerda montreront si ce nouveau poste se traduira par une présence durable des États-Unis ou par une campagne plus limitée, axée sur certaines agences. Pour la Genève internationale, la différence sera importante. L’ambassadeur est arrivé, mais l’engagement de Washington se mesurera aux institutions auxquelles il participe, aux négociations auxquelles il prend part et aux partenariats qu’il noue.