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Swiss Observer

Le personnel de l’État de Vaud intensifie la contestation avec une « grève illimitée » contre les coupes budgétaires

Après une septième journée de manifestations contre les coupes budgétaires prévues, le personnel de l’État de Vaud a voté la poursuite de la grève pour une durée indéterminée. Les syndicats appellent le Parlement à rejeter le budget 2026 et les mesures d’économies de 305 millions de francs qui l’accompagnent.

Le personnel de l’État de Vaud intensifie la contestation avec une « grève illimitée » contre les coupes budgétaires
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Le bras de fer dans le canton de Vaud a atteint un point critique. Lors d’un vote quasi unanime jeudi soir, le personnel de l’État a déclaré une « grève illimitée », marquant une forte escalade dans son opposition aux mesures d’austérité du canton. Il s’agit du septième jour de manifestations depuis octobre, mais le ton est passé des avertissements à la confrontation ouverte. Les syndicats ont lancé un défi au Parlement, l’appelant à rejeter l’ensemble du budget 2026.

Sous le slogan déterminé « Contre l’austérité, nous ne lâcherons rien », la mobilisation s’étend rapidement. Ce qui avait commencé par des arrêts de travail sporadiques s’est transformé en un mandat de « grève totale », qui menace de paralyser les services publics pour une durée indéterminée. La résolution adoptée jeudi ne laisse place à aucune ambiguïté : le personnel fait bloc. Avec une grande manifestation prévue mardi prochain à Lausanne et une nouvelle assemblée décisionnelle programmée mercredi, l’administration fait face à une vague de perturbations incessante qui ne montre aucun signe d’essoufflement.

Le secteur de l’éducation touché par des débrayages massifs

La grève frappe de plein fouet le système éducatif du canton. Le Département de l’enseignement et de la formation professionnelle (DEF) du canton de Vaud a confirmé une « forte mobilisation », reconnaissant que plus d’un tiers du personnel de l’État dans l’enseignement obligatoire avait cessé le travail jeudi. Il ne s’agit pas d’une simple perturbation : dans de nombreux districts, le système est à l’arrêt.

Certaines écoles ont réussi à fonctionner au ralenti, tandis que d’autres ont dû fermer complètement leurs portes, laissant les parents dans l’embarras et les salles de classe silencieuses. La contestation a également gagné les hautes écoles. À l’Université de Lausanne (UNIL), la situation a dégénéré lorsque des grévistes ont barricadé les bâtiments Anthropole et Géopolis dès 7 h, bloquant de fait l’accès à des milliers d’étudiantes, d’étudiants et de membres du personnel. Cora Antonioli, présidente du SSP-Vaud, a relevé que, même si les chiffres exacts évoluent, la mobilisation est « très forte » et gagne de nouveaux secteurs, preuve que la colère se propage rapidement.

Les 305 millions de francs au cœur de la bataille

Au cœur de cette colère se trouve un chiffre contesté : 305 millions de francs. C’est le montant des mesures d’économies inscrites dans le projet de budget 2026 du gouvernement, une somme que les syndicats considèrent comme une attaque directe contre la qualité du service public et la stabilité du personnel. Les syndicats, dont le SSP, la FSF et Sud, ne demandent pas de simples ajustements : ils exigent que le Parlement vaudois rejette le projet de budget actuel et les décrets qui l’accompagnent.

Le bras de fer économique s’est transformé en siège politique à haut risque. Depuis début octobre, les manifestants ont déjà organisé cinq rassemblements à Lausanne, dont deux juste devant le bâtiment du Parlement cette semaine, alors que les débats faisaient rage à l’intérieur. Le message de la rue est limpide : si le gouvernement ne change pas de cap, ces coupes auront pour prix le chaos politique. Les syndicats affirment que les décrets proposés « ne respectent pas les revendications syndicales », ouvrant la voie à une longue confrontation budgétaire qui menace de faire dérailler la planification financière du canton pour l’année à venir.

Gouvernement et syndicats : une impasse délétère

Le dialogue entre l’État et son personnel s’est enlisé dans un jeu de reproches délétère. La coalition syndicale accuse le gouvernement de mener une « politique de (non-)communication » et de refuser totalement de négocier sérieusement. Elle affirme que l’administration cherche à faire porter au Parlement la responsabilité de choix politiques impopulaires, se déchargeant ainsi de la crise.

Le gouvernement riposte toutefois. La présidente du Conseil d’État, Christelle Luisier, rejette vigoureusement les accusations de blocage et affirme que l’administration n’a pas refusé le dialogue. Elle cite deux séances de discussion comme preuve de son engagement et renverse l’accusation, en soutenant que ce sont les syndicats qui ont « refusé de discuter du sujet ». Cette impasse où chacun rejette la faute sur l’autre est dangereuse. Les syndicats réclament un « dialogue sérieux sans délai », seul moyen de désamorcer la situation, tandis que le gouvernement campe sur ses positions. Le pont entre les deux parties semble se consumer, laissant la population vaudoise dans la fumée.