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Swiss Observer

La canicule et les prix élevés accentuent la pression sur les ventes de chocolat suisse

Camille Bloch annonce une baisse de ses ventes d’environ 10 % en 2026 par rapport à l’année précédente. La canicule estivale a accentué la pression due aux prix élevés et à la faiblesse de la demande des consommateurs. Le chocolatier mise sur l’efficacité et l’innovation plutôt que sur des rabais permanents.

La canicule et les prix élevés accentuent la pression sur les ventes de chocolat suisse
AISWI swissinfo.ch

Camille Bloch a enregistré une nouvelle baisse de 10 % de ses ventes en 2026, dans un été difficile pour un marché du chocolat suisse déjà fragile. Le directeur Daniel Bloch a déclaré que les résultats de l’entreprise étaient en recul par rapport à l’année précédente, qu’il a elle-même qualifiée de mauvaise.

La canicule a affecté une habitude de consommation courante. En général, les gens mangent moins de chocolat lorsqu’il fait chaud, tandis que la hausse des prix et la morosité de la conjoncture pour les consommateurs rendent plus difficiles les achats non indispensables. Ces pressions se sont conjuguées durant une période cruciale pour un fabricant dont l’activité dépend à la fois de la consommation quotidienne et de la demande saisonnière.

Camille Bloch, dont le siège se trouve à Courtelary, dans le Jura bernois, fabrique notamment les marques Ragusa et Torino. L’expérience de l’entreprise montre clairement comment la météo et le budget des ménages se heurtent dans le secteur alimentaire suisse. Bloch a déclaré que le recul s’inscrivait dans une tendance déjà amorcée depuis un certain temps, sans toutefois parler d’effondrement généralisé.

Le premier test concret aura lieu lorsque les températures baisseront et que les clients commenceront leurs achats pour les fêtes. Camille Bloch s’attend à ce que les derniers mois de 2026 montrent si le retour du froid peut relancer la demande et compenser le ralentissement estival.

La chaleur et les prix transforment la demande

La chaleur est devenue un risque direct pour les ventes des chocolatiers. Daniel Bloch, de Camille Bloch, a déclaré que les consommateurs mangeaient moins de chocolat lorsque les températures montaient, établissant un lien entre la canicule de cet été et les résultats en baisse de l’entreprise. L’effet est simple : un produit associé au réconfort, aux cadeaux et au plaisir devient moins attrayant lorsque les températures restent élevées en Suisse.

La météo n’explique pas à elle seule le recul. Bloch a également évoqué les prix du chocolat et la conjoncture générale pour les consommateurs. La hausse des coûts tout au long de la chaîne d’approvisionnement se répercute sur les clients, qui doivent désormais payer plus cher des produits dont beaucoup peuvent se passer ou qu’ils peuvent acheter moins souvent. La source ne fournit pas de ventilation indiquant la part de chaque facteur. La baisse d’environ 10 % de l’entreprise ne peut donc pas être attribuée séparément à la chaleur, aux prix ou au moral des consommateurs.

La pression dépasse le cas d’un seul fabricant. L’identité chocolatière de la Suisse est étroitement liée au tourisme, aux traditions nationales et aux cadeaux saisonniers, mais la demande des ménages reste sensible aux prix. Les producteurs doivent gérer les volumes et les marges tout en préservant la réputation haut de gamme qui fait la renommée du chocolat suisse.

Pour Camille Bloch, l’été a mis en évidence un marché qui exige une adaptation plutôt qu’une solution ponctuelle à court terme.

Protéger les marges et miser sur l’innovation

Camille Bloch ne recourra pas à des promotions permanentes pour relancer ses ventes. Daniel Bloch a averti que des rabais continus pourraient, à terme, affaiblir les marques de l’entreprise et réduire ses marges bénéficiaires. Le fabricant prévoit plutôt d’améliorer son efficacité, de maîtriser ses coûts et de continuer à développer de nouveaux produits.

Cette approche reflète les réalités économiques de la production alimentaire haut de gamme. Des prix plus bas peuvent stimuler les achats à court terme, mais des promotions répétées risquent de modifier les attentes des consommateurs et de réduire les moyens disponibles pour les ingrédients, la production et les investissements. Bloch a déclaré que l’entreprise devait s’adapter, car le recul dure depuis un certain temps.

La stratégie accorde aussi davantage d’importance à l’innovation. La source ne précise pas quels produits ou processus Camille Bloch développe, mais l’objectif annoncé de l’entreprise est de répondre à l’évolution de la demande sans renoncer à sa place sur le marché. Des mesures d’efficacité peuvent contribuer à protéger les marges alors que l’entreprise fait face à un recul de la consommation en Suisse.

Le choix de Camille Bloch illustre le dilemme auquel sont confrontées les marques alimentaires suisses en 2026. Elles doivent rester accessibles aux consommateurs confrontés à des prix plus élevés, tout en préservant la qualité et l’identité qui les distinguent. La direction évaluera la réussite de cet équilibre en fonction des ventes, des coûts et de l’accueil réservé aux nouveaux produits, plutôt qu’à l’aune de campagnes de rabais très visibles.

Développer le chocolat suisse au-delà du marché national

Camille Bloch cherche des débouchés à l’étranger alors que le marché suisse se contracte. L’entreprise vise une croissance supplémentaire sur les marchés internationaux, en se concentrant particulièrement sur le Caucase, selon Daniel Bloch. Cette expansion pourrait réduire sa dépendance à la demande intérieure, même si la source ne donne ni objectifs de vente ni calendrier pour ce projet.

L’entreprise compte aussi sur le calendrier. Bloch a déclaré que la demande pourrait se redresser lorsque les températures baisseront et que les fêtes approcheront. Le chocolat occupe une place importante dans les célébrations de fin d’année, les cadeaux et les réunions familiales en Suisse, ce qui rend les derniers mois particulièrement importants pour les fabricants et les détaillants.

La reprise devra faire plus que compenser quelques achats perdus pendant les périodes de chaleur. Camille Bloch abordait l’été après une année précédente que Bloch a qualifiée de mauvaise, et l’entreprise a reconnu que le recul durait depuis plus longtemps. Une meilleure période des fêtes pourrait compenser une partie des ventes perdues, mais ne suffira pas à elle seule à résoudre les questions liées à la hausse des prix et à l’évolution du comportement des consommateurs.

D’ici à la fin de 2026, l’entreprise saura plus clairement si le retour du froid peut relancer la demande, si l’innovation peut soutenir les marges et si les marchés étrangers peuvent offrir une croissance significative à un chocolatier suisse confronté à un marché national plus difficile.