Finance
La FINMA lance un avertissement sévère sur l’IA et la hausse des cyberattaques visant la finance suisse
L’autorité suisse de surveillance des marchés financiers, la FINMA, a relevé une forte augmentation des cyberattaques et mis en garde contre les risques systémiques liés à l’intelligence artificielle avancée. Elle estime qu’il incombe aux banques de gérer ces menaces croissantes.

Une hausse spectaculaire de 33 % des cyberattaques a provoqué une onde de choc au cœur de la place financière suisse. Marlene Amstad, présidente de la FINMA, confirme que cette offensive numérique n’est pas localisée : elle frappe tous les établissements financiers placés sous la surveillance fédérale. La Suisse a beau être depuis longtemps une place forte mondiale des capitaux, ses défenses sont mises à l’épreuve par près d’une attaque signalée chaque jour contre des infrastructures critiques. Il ne s’agit pas d’un simple désagrément, mais d’une lutte qui s’intensifie pour préserver l’intégrité du franc suisse. La récente intrusion dans les serveurs SharePoint de l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication rappelle cruellement que même le périmètre numérique de l’administration fédérale n’est pas inviolable. À mesure que les pirates informatiques gagnent en audace, la fréquence de ces incursions atteint un seuil critique, imposant de repenser radicalement la notion de « sécurité » à l’ère des agressions numériques sans frontières.
L’IA détournée menace la stabilité systémique
L’intelligence artificielle n’est plus une promesse futuriste : elle constitue désormais un risque systémique qui pourrait provoquer l’effondrement de tout un secteur. L’avertissement de la FINMA est clair : les modèles d’IA très avancés d’entreprises comme OpenAI et Anthropic sont à double tranchant et menacent tout l’écosystème financier. Alors que les banques se précipitent pour intégrer l’IA afin de gagner en efficacité, des acteurs malveillants exploitent la même technologie pour automatiser des fraudes sophistiquées et contourner des dispositifs de défense complexes à la vitesse des machines. Cette course technologique aux armements crée un paradoxe : les outils censés moderniser les services bancaires pourraient finir par les fragiliser. Marlene Amstad souligne que le risque dépasse largement les grands groupes internationaux comme UBS. L’interconnexion du marché suisse signifie qu’une défaillance dans un seul maillon pourrait se répercuter sur l’ensemble du réseau. Le défi ne consiste plus seulement à se défendre contre des pirates informatiques humains, mais aussi à devancer des algorithmes autonomes qui ne dorment jamais.
La FINMA fait porter la responsabilité aux directions des banques
L’époque où les autorités de surveillance accompagnaient les banques à chaque étape est révolue : la FINMA fait porter pleinement le risque opérationnel aux dirigeants des établissements. Dans une décision ferme, l’autorité exige que les institutions gardent un contrôle absolu sur leurs dépendances technologiques, notamment celles liées à des prestataires tiers. « Ils en portent la responsabilité », déclare Marlene Amstad, indiquant que les défaillances des fournisseurs ne seront plus acceptées comme excuse. Ce changement oblige les banques suisses à contrôler chaque maillon de leur chaîne d’approvisionnement, du stockage dans le nuage aux suites logicielles externes. De son côté, la FINMA ne reste pas inactive : elle renforce activement ses propres compétences internes en IA pour suivre le rythme du secteur. Le message adressé aux cadres dirigeants est sans équivoque : adaptez immédiatement vos protocoles de gestion des risques ou assumez les conséquences d’une défaillance systémique survenue sous votre responsabilité. En matière de conformité, la rapidité est désormais essentielle, et les retardataires resteront vulnérables.
Les risques quantiques et l’avenir de la confiance
Au-delà de la menace immédiate de l’IA, une nouvelle ombre se profile à l’horizon : l’informatique quantique. Bien qu’elles soient encore en développement, ces machines pourraient théoriquement briser les systèmes de chiffrement qui protègent aujourd’hui les richesses du monde. Marlene Amstad avertit que le secteur doit se préparer dès maintenant aux « conséquences majeures » pour la sécurité. La réputation de la Suisse comme refuge sûr dépend entièrement de la protection de ses données, et le passage à une cryptographie résistante à l’informatique quantique devient une question de survie économique nationale. À l’avenir, le secteur financier suisse devra passer d’un coffre-fort traditionnel à une forteresse technologique proactive. Les prochaines années seront marquées par la coopération internationale et par des efforts constants pour garder une longueur d’avance sur les évolutions technologiques. Pour la population suisse comme pour les investisseurs internationaux, l’enjeu ne pourrait être plus élevé : préserver la confiance à l’ère numérique exige rien de moins qu’une maîtrise technologique totale.