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Swiss Observer

L’EPFZ ouvre un laboratoire pour surveiller les glissements de terrain et les changements environnementaux

Un nouveau centre de l’EPFZ dans le canton de Lucerne utilisera des données satellitaires, des drones et des capteurs au sol pour surveiller les glissements de terrain, les cultures et d’autres changements environnementaux. Le Earth Observation Lab doit contribuer à améliorer les systèmes d’alerte précoce et la gestion des catastrophes.

L’EPFZ ouvre un laboratoire pour surveiller les glissements de terrain et les changements environnementaux
AISWI swissinfo.ch

Un nouveau centre de l’EPFZ a ouvert ses portes dans le canton de Lucerne le 16 octobre 2026, réunissant plusieurs types de données environnementales au sein d’une même structure de recherche. Le Earth Observation Lab surveillera les glissements de terrain, les cultures et d’autres changements dans le paysage, à partir d’informations recueillies au-dessus et au-dessous de la surface.

Le laboratoire voit le jour alors que les autorités et les communes suisses continuent de gérer des dangers liés à un relief escarpé, à de fortes précipitations et à l’évolution des conditions du terrain. Les informations disponibles ne mentionnent aucune catastrophe précise ayant motivé son ouverture. Elles définissent toutefois son objectif pratique : fournir des données susceptibles d’aider à détecter plus tôt les évolutions dangereuses et à améliorer la gestion des catastrophes.

Les chercheurs travailleront avec des images satellitaires, des observations par drone et des capteurs installés dans le sol et dans l’eau. Ensemble, ces sources peuvent montrer l’évolution du terrain, de la végétation et des systèmes hydrologiques au fil du temps. Cette approche offre à l’EPFZ une base pour relier les observations à distance aux mesures effectuées à proximité du sol.

Ce nouveau centre de compétences inscrit également le canton de Lucerne dans le réseau suisse d’observation de la Terre, en plein développement. Ses travaux relieront les capacités de recherche de l’EPFZ aux enjeux environnementaux qui concernent les communes, les agriculteurs et les responsables de la planification des interventions d’urgence.

Combiner les données

Le laboratoire combinera quatre types d’observation : satellites, drones, capteurs au sol et capteurs dans l’eau. Cette diversité permettra aux chercheurs de comparer des tendances régionales générales avec des changements relevés en des lieux précis.

Les données satellitaires peuvent fournir des images répétées de vastes zones, et aider ainsi les scientifiques à repérer les évolutions du terrain, de la végétation et de l’utilisation des sols. Les drones peuvent examiner des sites plus restreints avec davantage de précision. Les capteurs installés dans le sol, la roche ou l’eau peuvent enregistrer des conditions qu’une image prise depuis les airs ne permet pas de saisir directement. Les informations disponibles ne précisent ni les instruments exacts, ni la couverture géographique, ni la fréquence des mesures. Le programme de recherche initial du laboratoire reste donc à définir.

Ce système à plusieurs niveaux est important pour surveiller les glissements de terrain. Un changement visible sur un versant peut nécessiter une vérification à l’aide de relevés locaux, notamment des conditions dans le sol ou dans les eaux voisines. Le croisement de ces observations peut aider les chercheurs à évaluer si un changement est isolé, en cours de développement ou lié à une tendance plus générale.

La même infrastructure peut servir à la recherche agricole. Les données sur les cultures peuvent révéler la manière dont les champs réagissent aux conditions environnementales et aider les scientifiques à suivre leur évolution au fil des saisons. L’EPFZ présente le laboratoire comme une plateforme destinée à relever les défis environnementaux grâce à la mesure et à l’analyse.

Améliorer l’alerte précoce

La valeur publique la plus immédiate du laboratoire réside dans l’alerte précoce et une meilleure préparation. Le président de l’EPFZ, Joël Mesot, a déclaré que la science ne pouvait pas inverser des événements tels que les glissements de terrain, mais qu’elle pouvait contribuer à détecter les catastrophes à un stade précoce et à mieux gérer leurs conséquences.

Cette distinction définit le rôle du nouveau centre. Les chercheurs ne pourront pas empêcher un versant de bouger par la seule observation. Ils peuvent toutefois améliorer les informations à disposition des autorités pour évaluer les risques, fermer des routes, protéger des infrastructures ou organiser une intervention d’urgence. Les informations disponibles ne précisent pas que le laboratoire a déjà mis au point un système d’alerte ni qu’il diffusera directement des alertes.

Sa contribution dépendra de la rapidité avec laquelle les mesures brutes pourront être transformées en informations exploitables. Les images satellitaires, les relevés effectués par drone et les données des capteurs devront être collectés, comparés et interprétés. Les chercheurs devront également comprendre les conditions locales, notamment le relief et les systèmes hydrologiques qui influencent la stabilité des versants.

Pour les communes suisses situées dans des zones vulnérables, la valeur de ces travaux se mesurera, en définitive, aux décisions concrètes qu’ils permettront de prendre. Des données plus solides peuvent donner aux autorités locales davantage de temps pour évaluer une menace et se coordonner avec la population. Le nouveau laboratoire offre un cadre dédié à la production de ces données.

Ancrer le centre à Lucerne

Le Earth Observation Lab bénéficie du soutien financier du canton de Lucerne et d’une fondation créée par le défunt magnat de l’horlogerie Jörg G. Bucherer. Leur cofinancement ancre la nouvelle institution dans la région tout en la reliant aux capacités de recherche de l’EPFZ.

Le choix de Lucerne situe le centre à proximité d’un paysage varié, composé de terres agricoles, de cours d’eau, de zones habitées et de reliefs alpins. Ce cadre donne aux chercheurs accès à des conditions environnementales qui peuvent être étudiées au moyen de plusieurs méthodes d’observation. Les informations disponibles ne précisent ni le site exact du laboratoire, ni son budget, ni les projets déjà en cours.

L’EPFZ prévoit que l’équipe principale comptera environ 10 personnes d’ici à la fin de 2027. Cette taille prévue laisse entrevoir une structure ciblée durant sa phase initiale. Son efficacité dépendra des compétences réunies et des partenariats établis avec les autorités publiques, les scientifiques et les autres organisations qui utilisent des données environnementales.

Ce mode de financement illustre également le rôle de la philanthropie privée dans la recherche scientifique suisse. Bucherer, décédé avant l’ouverture du centre, est lié à la fondation citée comme cofinanceuse. La participation du canton de Lucerne crée un lien direct entre le projet et la région où le laboratoire exercera ses activités.

Mettre le système à l’épreuve sur le terrain

D’ici à la fin de 2027, l’EPFZ prévoit que l’équipe principale du laboratoire comptera environ 10 personnes. La prochaine phase montrera comment ce groupe transformera une nouvelle plateforme de surveillance en travaux de recherche utiles aux communes suisses et aux responsables de l’environnement.

Le mandat du laboratoire dépasse la seule question des dangers naturels. Les glissements de terrain constituent une priorité évidente, car des informations précoces peuvent contribuer à la gestion des catastrophes. La surveillance des cultures porte, elle, sur l’état des terres agricoles. Les données des capteurs dans l’eau apportent une dimension supplémentaire et permettent aux chercheurs d’étudier les changements environnementaux dans des systèmes liés à la fois aux versants et aux champs.

L’ouverture ne s’accompagne ni de résultats publiés, ni d’une liste détaillée de projets, ni d’un calendrier pour la mise en place d’alertes opérationnelles. Ces limites sont importantes. Le centre débute ses activités en tant qu’institution de recherche et son impact dépendra de la qualité des mesures, de la fiabilité des analyses et de la volonté des autorités de mettre ses conclusions en pratique.

Pour la Suisse, le projet offre un pôle national consacré à l’observation d’un paysage qui évolue des fonds de vallée aux versants de montagne. Les scientifiques de l’EPFZ auront accès à plusieurs types de données, tandis que le canton de Lucerne disposera d’un centre axé sur les conditions environnementales de la région. Le premier test consistera à déterminer si ces connaissances peuvent être efficacement traduites en décisions sur le terrain, à partir des capteurs et des images.